J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 20 sept. 2026 02:19

Tony Malaby Tamarindo – Somos Agua.jpg
Tony Malaby Tamarindo – Somos Agua.jpg (94.11 Kio) Vu 234 fois
Tony Malaby Tamarindo – Somos Agua – (2014)

Quand on part à l’aventure vers des terres inconnues ou des espaces peu fréquentés, il faut bien l’avouer : on n’est pas à l’abri d’une très, très belle surprise, c’est ce qui m’est arrivé avec cet album terrible !

C’est sûr il y a Tony Malaby, je le connais très peu, sinon au travers de « The Cave of Winds » dont je vous ai parlé en novembre deux mille vingt-quatre, un album foutrement bon, de ceux qui donnent l’envie de persévérer, et puis le temps passe et l’oubli s’installe… jusqu’à ce qu’une opportunité de hasard se manifeste…

Celle-ci se nomme « Somos Agua », avec deux géants, l’un très connu, le contrebassiste William Parker et l’autre moins, le batteur Nasheet Waits, absolument excellent sur cet album où il brille de mille feux, à l’image de ses deux partenaires, les trois sont tout simplement éblouissants.

Sept pièces sont interprétées, dont la dernière, signée des trois, qui semble improvisée, c’est le morceau-titre, « Samos Agua ». Les autres pièces sont signées du leader, Tony Malaby, qui joue soit du soprano, soit du ténor. Il frappe fort dès le morceau d’entrée, « Mule Skinner » qui va bien.

« Lorretto » qui suit aspire à la mélancolie, quant à « *matik-matik* » c’est une des belles pièces de l’album, particulièrement réussie, tout comme « Can’t find you » qui réserve lui aussi une montée progressive comme on les aime… De quoi satisfaire les plus exigeants.

Je n’insiste pas sur la qualité de ces musiciens, c’est une démonstration de bout en bout, les trois sont tout simplement exceptionnels, plein d’inventions, d’à propos, de surprises et de subtilités sans jamais lever le pied…

Mule Skinner
*matik-Matik*
Bitter Dream - Tony Malaby's Tamarindo Trio
Can't Find You...
Somos Agua
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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 21 sept. 2026 01:00

John Zorn – The Hermetic Organ Vol. 12 - The Bosch Requiem.jpg
John Zorn – The Hermetic Organ Vol. 12 - The Bosch Requiem.jpg (28.63 Kio) Vu 194 fois
John Zorn – The Hermetic Organ Vol. 12 - The Bosch Requiem – (2024)

Et voici le douzième volet des performances de John Zorn à l’orgue, actuellement avant-dernier volume de la série « The Hermetic Organ », avec une livrée rose, il se nomme « The Bosch Requiem », en hommage au célèbre peintre néerlandais, Jérôme Bosch.

La performance a donc été réalisée aux Pays-Pas, les trois et quatre novembre deux mille vingt-trois à la « Grote Kerk (Grande Eglise) » de Bois-le-Duc à Hertogenbosch, la ville qui vit naître le peintre. Ce qui est surprenant ici, c’est que Zorn disposait lors de cette performance de deux orgues à tuyaux.

Cette particularité l’obligeait donc à utiliser des poids pour maintenir enfoncée la « pédale de sustain », tout en passant d'un orgue à l'autre, ce qui lui permettait de prolonger la ou les notes qui étaient jouées.

Deux pièces sont jouées sur cet album, la, première partie se nomme « Crossing The River Styx », elle dure environ dix-sept minutes et se présente à Zorn comme une sorte de « test » où il explore les capacités de l’orgue, ainsi il fait des allers-retours entre les deux instruments, on l’entend même se parler à voix haute à lui-même, nul doute qu’il soit ensorcelé par les lieux !

Il faut dire que la thématique est très luciférienne, puisque les pièces jouées décrivent un passage, ou un voyage, à travers les enfers. Les deux parties interprétées sont donc complémentaires, mais la surprise provient de la partie deux, « A Pilgrimage Through Hell » qui dépasse les vingt-neuf minutes et où Zorn fait appel à un assistant.

Cet homme n’est pas un inconnu puisqu’il s’agit de l’excellent John Medeski, assistant de luxe, pourrait-on dire. Cette seconde partie est jouée le lendemain, cette fois-ci devant un public, mais l’ordonnance des lieux fit que Medeski n’était pas visible par les spectateurs, ce qui fit que ces derniers furent surpris d’entendre un tel déferlement venant d’un seul homme, jusqu’à ce qu’enfin Medeski se révèle, son rôle était d’éviter à Zorn de courir sans cesse d’un orgue à l’autre.

Inutile de préciser que ce « voyage aux enfers » n’est pas forcément des plus confortables, on peut même le trouver à certains moments gênant ou malaisant, n’épargnant en rien les spectateurs présents. Ça reste cependant évidemment très écoutable, le mieux est de jouer le jeu et de bien se concentrer sur la musique proposée.

Part One: Crossing the River Styx
Part Two: A Pilgrimage Through Hell
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 22 sept. 2026 01:23

Ryan Porter – The Optimist.jpg
Ryan Porter – The Optimist.jpg (130.16 Kio) Vu 151 fois
Ryan Porter – The Optimist – (2018)

J’ai chopé un concert à la TV il y a bien longtemps, Ryan Porter était le leader et ça jouait vraiment bien, il y avait un gars à l’arrière qui restait vraiment très discret et qui brillait à l’heure des solos, c’était un certain Kamasi Washington qui allumait des flammes, mine de rien. Ça m’a donné l’envie d’en entendre davantage.

Mais les albums étaient chers, pas trop dispo, toutefois je gardais l’info dans un coin encore intacte de mon crâne délabré, et quand l’occasion se fit, je m’enquérais de cet album. A l’intérieur Ryan explique que ces sessions sont restées en carton une bonne dizaine d’années, l’album est paru en deux mille dix-huit, faites vos calculs…

Ce sont donc des œuvres de jeunesse qui réunissent ce qui deviendra la fine fleur de L.A., en voici la liste : Kamasi Washington au saxophone ténor, Miles Mosley ou Edward Livingston à la contrebasse, Cameron Graves au piano et au Fender Rhodes, Tony Austin ou Aaron Haggerty à la batterie, Jumaane Smith à la trompette, Brandon Coleman au Fender Rhodes, Dominic Therioux à la basse électrique, et bien sûr Ryan Porter au trombone.

A l’époque ils jouaient dans « la cabane », c’était en sous-sol, dans la maison de Kamasi, chez ses parents, près de l’aéroport de L.A., tous les quarts d’heures un avion passait qui obligeait à arrêter les bandes. Il fallait également fermer les fenêtres, il faisait très chaud à l’intérieur et les odeurs étaient fortes, quand l’enregistrement était terminé, Ryan avait l’habitude de dire : « ça sent la vieille chaussette ! ».

Ce sont ces bandes qui figurent ici, avec un son tout à fait excellent, alors la musique est évidemment bien sympa, mais dans un style plutôt hardbop et conventionnel, peu d’envolées free, l’ensemble est carrément sage mais très agréable, Ryan et Kamasi jouent sur toutes les pièces, Cameron Graves joue beaucoup également, ainsi que Miles Mosley, ça tourne davantage côté batterie…

Ah, oui, Kamasi est en grande forme ! Le Cd est double et pèse plus d’une heure quarante, de quoi faire…

The Psalmist
Strugglesville
Déjà Vu
Anaya
Chocolate Nuisance
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 23 sept. 2026 02:33

Paal Nilssen-Love Circus With The Ex Guitars – Calls!.jpg
Paal Nilssen-Love Circus With The Ex Guitars – Calls!.jpg (226.52 Kio) Vu 101 fois
Paal Nilssen-Love Circus With The Ex Guitars – Calls! – (2026)

Voici le troisième album du Paal Nilssen-Love Circus avec les guitaristes de The Ex. Je n’ai pas écouté le premier « Pairs Of Three », mais il ressemble à une bonne adresse, je vous ai déjà présenté le second tout à fait excellent et recommandable et voici donc le troisième volet.

La formation est issue du fameux « Large Unit », encore une référence incontournable, le personnel est un peu nombreux, on note évidemment ceux de The Ex : Terrie Hessels, Andy Moor et Arnold de Boer aux guitares, pas sur toutes les pièces mais celles enregistrées à « l’Electric Monkey Studio » d’Amsterdam, c’est-à-dire « Pussy Pussy Cha-Cha », « Calls : Let They Free » et « I Should Be So Lucky ».

Juliana Venter chante plutôt dans un registre rock bien déjanté, perso, j’apprécie, elle a participé également à l’écriture de deux textes. Cette orientation « rock » tend à colorer cet album assez fortement et à lui ouvrir un public extra-jazz qui pourrait bien apprécier ce qui lui est proposé.

On pense également à « Song For Joe » qui semble plonger dans le répertoire presque folk et traditionnel, style musique irlandaise. Mais le « Circus » c’est aussi Thomas Johansson à la trompette, Signe Emmeluth au saxophone alto et à la flûte, Kalle Moberg à l'accordéon, Christian Meaas Svendsen à la basse et, bien sûr, Nilssen-Love à la batterie ainsi qu’à l’écriture où il se révèle très efficace.

Après l’excellent « Eg Såg » qui ouvre l’album de façon énigmatique, le funk-jazz de « Pussy Pussy Cha-Cha » régale et rafle la mise, avec les gars de The Ex qui envoient sévère. On ne cède rien avec « Calls : Let They Free » absolument ravageur qui nous rappelle le passé punk de certains…

« Nazaré » qui suit nous envoie au Brésil secteur nord-est, c’est une adaptation bien sentie du titre écrit par Mestre Barachinha, ça disjoncte bien car cet album est fou-fou… « I Should Be So Lucky » s’inscrit dans ce même esprit, c’est une reprise des Stretchheads, groupe britannique méconnu dont Nilssen-Love est fan !

Eg Såg
Pussy Pussy Cha-Cha
Calls: Let They Free!
Nazaré
I should be so Lucky
Song for Joe
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 24 sept. 2026 03:45

Bill Frisell – Guitar In The Space Age!.jpg
Bill Frisell – Guitar In The Space Age!.jpg (190.95 Kio) Vu 48 fois
Bill Frisell – Guitar In The Space Age! – (2014)

En fait, pour tout dire tout en résumant, cet album est un disque de vieilleries des années cinquante ou soixante, réinterprétées par le quartet de Frisell réuni en deux mille quatorze.

Frisou joue de la gratte électrique, Greg Leisz idem mais aussi de la pedal steel, Tony Scherr joue de la basse et de la guitare acoustique sur « Rebel Rouser », et enfin Kenny Wollesen est à la batterie, aux percus et au vibraphone…

Il y a bien deux titres de Frisell deux mille quatorze qui se glissent dans le lot, « The Shortest day » et « Lift Off », mais pour le reste c’est du certifié d’époque avec des Hits du passé qui reviennent et subissent une relecture actualisée, tout en gardant la signature d’antan, et le charme qui va avec.

Ainsi on ouvre avec le merveilleux « Pipeline », puis une relecture de « Turn, Turn, Turn » du vieux Pete Seeger, qui ressuscite la version des Byrds, et un « Surfer Girl » de Brian Wilson, « Telstar » qui ferme la marche, souvent des pièces un poil oubliées dont le souvenir remonte rapidement et gratouille le cerveau, là où sont stockés les frissons d’antan, juste dans le cortex préfrontal médial, derrière le front, oui, là, à la croisée des deux hémisphères…

Et puis il y a ces trucs qu’on semble ne pas connaître, enfin moi, comme « Cannonball Rag » de Merle Travis ou « Reflections from the Moon » de Speedy West, et ceux qui sont signés de musiciens connus, mais aux accents incertains, comme des pièces de Lee Hazlewood, Link Wray, Ray Davis ou Jimmy Bryant.

Bref l’essentiel est de goûter à la résurrection du surf, de la country, du rock’n roll mâtiné de blues, et de la pop, de quoi se réjouir, particulièrement de la saveur toute spéciale des deux guitares qui se mélangent ici avec bonheur et délice.

Le format général tourne autour des trois minutes où tout est dit, intro développement et conclusion, avec un pont ou un break, une mélodie qui va et charme, un riff qui gratte et secoue.

La lecture ici essentiellement jazz, s’encanaille gentiment, et deux titres autorisent de plus longs développements, « pipeline » et « Tired of Waiting for you » qui démontrent que rien n’est contraint.

Pipeline
Turn, Turn, Turn
Messin' with the Kid
Guitar In The Space Age! Surfer Girl
Tired of Waiting for You
Telstar
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par gabuzomeuzomeu » jeu. 24 sept. 2026 06:38

Douglas a écrit :
jeu. 24 sept. 2026 03:45
Bill Frisell – Guitar In The Space Age!.jpg

Bill Frisell – Guitar In The Space Age! – (2014)

En fait, pour tout dire tout en résumant, cet album est un disque de vieilleries des années cinquante ou soixante, réinterprétées par le quartet de Frisell réuni en deux mille quatorze.

Frisou joue de la gratte électrique, Greg Leisz idem mais aussi de la pedal steel, Tony Scherr joue de la basse et de la guitare acoustique sur « Rebel Rouser », et enfin Kenny Wollesen est à la batterie, aux percus et au vibraphone…

Il y a bien deux titres de Frisell deux mille quatorze qui se glissent dans le lot, « The Shortest day » et « Lift Off », mais pour le reste c’est du certifié d’époque avec des Hits du passé qui reviennent et subissent une relecture actualisée, tout en gardant la signature d’antan, et le charme qui va avec.

Ainsi on ouvre avec le merveilleux « Pipeline », puis une relecture de « Turn, Turn, Turn » du vieux Pete Seeger, qui ressuscite la version des Byrds, et un « Surfer Girl » de Brian Wilson, « Telstar » qui ferme la marche, souvent des pièces un poil oubliées dont le souvenir remonte rapidement et gratouille le cerveau, là où sont stockés les frissons d’antan, juste dans le cortex préfrontal médial, derrière le front, oui, là, à la croisée des deux hémisphères…

Et puis il y a ces trucs qu’on semble ne pas connaître, enfin moi, comme « Cannonball Rag » de Merle Travis ou « Reflections from the Moon » de Speedy West, et ceux qui sont signés de musiciens connus, mais aux accents incertains, comme des pièces de Lee Hazlewood, Link Wray, Ray Davis ou Jimmy Bryant.

Bref l’essentiel est de goûter à la résurrection du surf, de la country, du rock’n roll mâtiné de blues, et de la pop, de quoi se réjouir, particulièrement de la saveur toute spéciale des deux guitares qui se mélangent ici avec bonheur et délice.

Le format général tourne autour des trois minutes où tout est dit, intro développement et conclusion, avec un pont ou un break, une mélodie qui va et charme, un riff qui gratte et secoue.

La lecture ici essentiellement jazz, s’encanaille gentiment, et deux titres autorisent de plus longs développements, « pipeline » et « Tired of Waiting for you » qui démontrent que rien n’est contraint.

Pipeline
Turn, Turn, Turn
Messin' with the Kid
Guitar In The Space Age! Surfer Girl
Tired of Waiting for You
Telstar
Bien résumé :super:
Album ainsi que d'autres du Frisotté se trouvant sur mes rayonnages.
Grand guitariste le gars et une bonne inventivité pour reprendre tous ces standards !
Toujours un bon moment à passer avec ce guitariste discret et qui a bossé avec des pointures !
L'humour est le seul vaccin contre la connerie… Le con lui n’a jamais trouvé la pharmacie ! (Aphorismes et Blues - Pierre Perret 2020)

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