Anna Högberg Attack – Ensamseglaren – (2025)
C’est sûr, il n’est pas long, autour de trente-sept minutes bien pesées, pourtant il en impose, et la question arrive, avec force : le meilleur album de deux mille vingt-cinq ? Ça se pourrait, mais…
C’est le troisième jet pour Anna, il n’existe qu’en vinyle, avec un bon de téléchargement, du vinyle ou du vent, comme vous voulez. Les deux autres étaient bien balaises, mais « bien affreux » aurait ajouté mon papa, qui aimait Guy Béart, les Compagnons de la chanson, et Beethoven.
Tout est affaire de goût, et là j’aime, pourtant il est possible qu’il n’y ait rien d’aimable par ici. L’album commence fort et vous attrape vite fait, sans coup férir, deux pièces qui n’en font qu’une sur la première face.
C’est du solide, du compact et de l’étoffé, Anna a convoqué en masse, rien moins que douze musiciens, des anches, des cuivres, des scies musicales, platine et tuba, deux basses et deux batteries, une fibre un peu rock parfois. Ça vous attrape avec la force de l’évidence, sans crier « gare », c’est énorme et ça en jette !
Côté face B c’est différent, trois pièces réunies en une, on glisse d’une pièce à l’autre, vers une musique qui se termine pointilliste, voire échantillonnaire, un peu éparse et répétitive. Seize minutes environ. Avec la force intellectuelle de l’écriture maîtrisée.
Il y a une intention derrière, Anna a perdu son papa, deuil, questionnement, le passage, l’après, la peine, la douleur, la renaissance, le souvenir, même s’il s’efface petit à petit et fixe des images, toujours les mêmes, donne de la force et serre le cœur.
Cette première face est intense, un tintamarre considérable. Il faut y goûter, alors on y revient, forcément...
Ensamseglaren / Inte Ensam
II. Gnistran / Hematopoesi / Emlodi
J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
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We will dance again...
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Bill Frisell – Music For The Films Of Buster Keaton: The High Sign/One Week – (1995)
C’est la suite ou le second volet d’un album que je vous ai déjà présenté, « Go West » avec la pochette dans les tons rouges, ici on passe au bleu, et on ne quitte pas Buster Keaton. Bill Frisell est aux guitares électrique et acoustiques, bien entendu. Kermit Driscoll tient la basse électrique ou acoustique également, et le grand Joey Baron est à la batterie et aux percussions.
L’album est une suite de vingt-quatre pièces souvent courtes, mais pas toujours, qui sont des musiques de film en noir et blanc, des films « en gris » disait mon fils quand il était tout petit, qui ont été imaginées et filmées en mille neuf cent vingt ou vingt et un.
Bien entendu elles collent à la musique et l’illustrent, on peut voir ces séquences et profiter de la musique de Frisell sur youtube, par exemple, c’est une bonne façon d’appréhender l’album.
Il y a donc deux films, le premier, « The High Sign » contient neuf pièces qui font environ dix-huit minutes, l’histoire raconte qu’un tireur maladroit est embauché à la fois pour protéger et tuer le même homme. Le second « One Week », un peu plus court, dix pièces pourtant, qui pèsent environ seize minutes. Ça raconte la vie d'un jeune couple marié essayant de s'installer dans sa première maison.
Dans ces bandes-son ou tout autre élément visuel de ce type, même des photos ou des peintures sont propices à éveiller l’imagination créatrice chez Bill Frisell, qui aime particulièrement cet exercice.
Malgré le décalage lié au temps qui sépare le film et cette nouvelle musique qui remplace le « piano stride » ou le ragtime d’époque, l’image semble trouver un prolongement dans cette musique, perso je suis très convaincu par ce que l’on entend, Frisell, tout en restant discret, ou plutôt dans l’ombre, réussit à épouser le film avec une grande finesse, lui donnant vie et souffle, bien que l’image révèle que Buster Keaton ne manque ni de l’une, ni de l’autre…
The High Sign Buster Keaton Full Movie
One Week Theme - The Wedding
Oh Well - The Piano
One Week Theme - Aftermath
C’est la suite ou le second volet d’un album que je vous ai déjà présenté, « Go West » avec la pochette dans les tons rouges, ici on passe au bleu, et on ne quitte pas Buster Keaton. Bill Frisell est aux guitares électrique et acoustiques, bien entendu. Kermit Driscoll tient la basse électrique ou acoustique également, et le grand Joey Baron est à la batterie et aux percussions.
L’album est une suite de vingt-quatre pièces souvent courtes, mais pas toujours, qui sont des musiques de film en noir et blanc, des films « en gris » disait mon fils quand il était tout petit, qui ont été imaginées et filmées en mille neuf cent vingt ou vingt et un.
Bien entendu elles collent à la musique et l’illustrent, on peut voir ces séquences et profiter de la musique de Frisell sur youtube, par exemple, c’est une bonne façon d’appréhender l’album.
Il y a donc deux films, le premier, « The High Sign » contient neuf pièces qui font environ dix-huit minutes, l’histoire raconte qu’un tireur maladroit est embauché à la fois pour protéger et tuer le même homme. Le second « One Week », un peu plus court, dix pièces pourtant, qui pèsent environ seize minutes. Ça raconte la vie d'un jeune couple marié essayant de s'installer dans sa première maison.
Dans ces bandes-son ou tout autre élément visuel de ce type, même des photos ou des peintures sont propices à éveiller l’imagination créatrice chez Bill Frisell, qui aime particulièrement cet exercice.
Malgré le décalage lié au temps qui sépare le film et cette nouvelle musique qui remplace le « piano stride » ou le ragtime d’époque, l’image semble trouver un prolongement dans cette musique, perso je suis très convaincu par ce que l’on entend, Frisell, tout en restant discret, ou plutôt dans l’ombre, réussit à épouser le film avec une grande finesse, lui donnant vie et souffle, bien que l’image révèle que Buster Keaton ne manque ni de l’une, ni de l’autre…
The High Sign Buster Keaton Full Movie
One Week Theme - The Wedding
Oh Well - The Piano
One Week Theme - Aftermath
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Michel Doneda / Beñat Achiary / Kazue Sawai – Temps Couché – (1998)
Michel Doneda et un joueur de saxophone soprano qui n’a pas trop fréquenté les écoles de musique, mais s’est frotté à de multiples improvisateurs qui ont apprécié son jeu et son savoir-faire. Le bouche à oreille a fait le reste.
C’est ainsi qu’il a beaucoup voyagé, traversé les continents en jouant les musiques du monde qu’il a côtoyé, avec cette ouverture d’esprit qui le caractérise. Ici il joue en trio avec le vocaliste Beñat Achiary qui joue également des percussions. Je l’ai évoqué par ici il n’y a pas si longtemps.
Ce dernier possède une façon de chanter qui peut surprendre et même heurter certains, peu adeptes des équilibres un peu casse-gueule qu’il met en place avec beaucoup d’audaces.
Le troisième est le japonais Kazue Sawaï, joueur de kotos, cet instrument qui a traversé les âges, dont le rôle peut se comprendre de multiples façons. Il peut être joué en solo, ou bien de façon plus rythmique, l’éventail qui nous est proposé est plutôt large et permet d’évaluer sa pluralité.
Cinq pièces sont jouées ici, enregistrées à la « Collégiale St-Pierre La Cour », du côté de la Mayenne, en mai quatre-vingt-dix-sept, une période où ce genre de musique se jouait dans de nombreux circuits, qui permettaient aux musiciens audacieux de vivre.
C’est l’Europa Jazz festival du Mans qui organise ces spectacles, même s’il peut paraître extraordinaire d’organiser un concert de free jazz en pleine ruralité, dans un petit village qui semble perdu dans la campagne.
Chaque pièce est une lettre du mot « TEMPS », en totalité la musique dure environ quarante-huit minutes, durée habituelle à l’époque. La musique se déploie avec une grande liberté, quitte à surprendre !
Il est difficile d’imaginer la réception que reçut cette musique lors de ce concert, peut-être tomba-t-il à la façon d’un OVNI, ou bien séduisit-il ceux qui se déplacèrent, et la cohorte des habitués de ce genre de musique, pas très loin du Mans où se trouve toujours la boutique des « Allumés du jazz ».
C’est précisément ce « laissez aller » qui fait plaisir, cette audace sans frein qui s’exerce ici, avec toute la liberté qui s’entend dans la le chant de Beñat Achiary, les vibrations centenaires du koto qui chante ici, et le sax soprano de Doneda, riche de tous les timbres et des interrogations.
Un album étonnant qui plaira aux risque-tout des musiques sans frein… A rapprocher du « Sitting On Your Stairs » de Lol Coxhill & Michel Doneda.
T
E
M
P
S
Michel Doneda et un joueur de saxophone soprano qui n’a pas trop fréquenté les écoles de musique, mais s’est frotté à de multiples improvisateurs qui ont apprécié son jeu et son savoir-faire. Le bouche à oreille a fait le reste.
C’est ainsi qu’il a beaucoup voyagé, traversé les continents en jouant les musiques du monde qu’il a côtoyé, avec cette ouverture d’esprit qui le caractérise. Ici il joue en trio avec le vocaliste Beñat Achiary qui joue également des percussions. Je l’ai évoqué par ici il n’y a pas si longtemps.
Ce dernier possède une façon de chanter qui peut surprendre et même heurter certains, peu adeptes des équilibres un peu casse-gueule qu’il met en place avec beaucoup d’audaces.
Le troisième est le japonais Kazue Sawaï, joueur de kotos, cet instrument qui a traversé les âges, dont le rôle peut se comprendre de multiples façons. Il peut être joué en solo, ou bien de façon plus rythmique, l’éventail qui nous est proposé est plutôt large et permet d’évaluer sa pluralité.
Cinq pièces sont jouées ici, enregistrées à la « Collégiale St-Pierre La Cour », du côté de la Mayenne, en mai quatre-vingt-dix-sept, une période où ce genre de musique se jouait dans de nombreux circuits, qui permettaient aux musiciens audacieux de vivre.
C’est l’Europa Jazz festival du Mans qui organise ces spectacles, même s’il peut paraître extraordinaire d’organiser un concert de free jazz en pleine ruralité, dans un petit village qui semble perdu dans la campagne.
Chaque pièce est une lettre du mot « TEMPS », en totalité la musique dure environ quarante-huit minutes, durée habituelle à l’époque. La musique se déploie avec une grande liberté, quitte à surprendre !
Il est difficile d’imaginer la réception que reçut cette musique lors de ce concert, peut-être tomba-t-il à la façon d’un OVNI, ou bien séduisit-il ceux qui se déplacèrent, et la cohorte des habitués de ce genre de musique, pas très loin du Mans où se trouve toujours la boutique des « Allumés du jazz ».
C’est précisément ce « laissez aller » qui fait plaisir, cette audace sans frein qui s’exerce ici, avec toute la liberté qui s’entend dans la le chant de Beñat Achiary, les vibrations centenaires du koto qui chante ici, et le sax soprano de Doneda, riche de tous les timbres et des interrogations.
Un album étonnant qui plaira aux risque-tout des musiques sans frein… A rapprocher du « Sitting On Your Stairs » de Lol Coxhill & Michel Doneda.
T
E
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P
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We will dance again...
