J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Blossom Dearie – Blossom Dearie – (1957)
Blossom Dearie était pianiste de formation classique, grande admiratrice de Debussy elle aurait pu faire carrière en tant que concertiste, d’ailleurs peu avant cet album elle a sorti « Miss Blossom Dearie Et Sa Musique Jazz-Sweet » où elle n’intervient qu’en tant que pianiste.
Malgré une voix peu en phase avec les grandes chanteuses de jazz alors réputées, comme Ella Fitzgerald ou Sarah Vaughan, elle joua la carte de la différence, s’éloignant des voix hors normes, elle mise sur la simplicité, sa voix fluette fera l’affaire, même si on la taxe de chanteuse de variété, et que l’on classera plus tard ses albums dans la catégorie « easy listening » de certaines plateformes de téléchargement.
Sa voix est juste, parfaitement placée, un peu enfantine, ou même coquine, elle sait cultiver sa différence. Après un séjour à Paris dès cinquante-deux, pendant lequel elle enregistre, elle chante certaines chansons en français et ne se prive ni d’humour, ni d’un léger décalage.
Sur cet album elle est accompagnée par les fameux Ray Brown à la contrebasse et Jo Jones à la batterie, du solide et du sérieux. Parfois interviennent des chœurs qui s’intègrent à la performance, elle a en effet créé les « Blue Stars of France » où elle jette les bases d’un style, avec Mimi Perrin, qui fondera bien plus tard les « Double Six »…
Elle avait une autre particularité, elle préférait chanter assise, cette posture lui convenait, ce qui va à l'encontre de ce qu'on enseignait alors dans toutes les écoles de chant ! Elle devint célèbre, parfois ignorée mais souvent adulée et connut un énorme succès. Les trois dernières pièces de mon album sont des pièces ajoutées à celui de cinquante-six, on goûte particulièrement l’exquis « Blossom Dearie: Blossom's blues ».
Loverman
Deed I Do
Blossom Dearie - Tout Doucement
Blossom Dearie: Blossom's blues
Blossom Dearie - I wish you love + Impro blues (Live french TV 1965)
Blossom Dearie était pianiste de formation classique, grande admiratrice de Debussy elle aurait pu faire carrière en tant que concertiste, d’ailleurs peu avant cet album elle a sorti « Miss Blossom Dearie Et Sa Musique Jazz-Sweet » où elle n’intervient qu’en tant que pianiste.
Malgré une voix peu en phase avec les grandes chanteuses de jazz alors réputées, comme Ella Fitzgerald ou Sarah Vaughan, elle joua la carte de la différence, s’éloignant des voix hors normes, elle mise sur la simplicité, sa voix fluette fera l’affaire, même si on la taxe de chanteuse de variété, et que l’on classera plus tard ses albums dans la catégorie « easy listening » de certaines plateformes de téléchargement.
Sa voix est juste, parfaitement placée, un peu enfantine, ou même coquine, elle sait cultiver sa différence. Après un séjour à Paris dès cinquante-deux, pendant lequel elle enregistre, elle chante certaines chansons en français et ne se prive ni d’humour, ni d’un léger décalage.
Sur cet album elle est accompagnée par les fameux Ray Brown à la contrebasse et Jo Jones à la batterie, du solide et du sérieux. Parfois interviennent des chœurs qui s’intègrent à la performance, elle a en effet créé les « Blue Stars of France » où elle jette les bases d’un style, avec Mimi Perrin, qui fondera bien plus tard les « Double Six »…
Elle avait une autre particularité, elle préférait chanter assise, cette posture lui convenait, ce qui va à l'encontre de ce qu'on enseignait alors dans toutes les écoles de chant ! Elle devint célèbre, parfois ignorée mais souvent adulée et connut un énorme succès. Les trois dernières pièces de mon album sont des pièces ajoutées à celui de cinquante-six, on goûte particulièrement l’exquis « Blossom Dearie: Blossom's blues ».
Loverman
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Superbe album de Jazz Fusion par Masabumi Kikuchi en 1981.
Si vous aimez la période électrique de Miles Davis, cet album est pour vous. "Susto" implique une grande partie du personnel présent sur les albums "Agharta" et "Pangea".
Sorti sur CBS mais uniquement au Japon, on trouve néanmoins cet album à des prix très raisonnables et la qualité du pressage est évidemment top.

En écoute en cliquant sur l'image
Si vous aimez la période électrique de Miles Davis, cet album est pour vous. "Susto" implique une grande partie du personnel présent sur les albums "Agharta" et "Pangea".
Sorti sur CBS mais uniquement au Japon, on trouve néanmoins cet album à des prix très raisonnables et la qualité du pressage est évidemment top.

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Sacred System – Nagual Site – (1998)
Un maître d’œuvre bien connu en la personne de Bill Laswell à la basse, aux claviers et aux percussions, ainsi qu’aux arrangements de certaines pièces et à la production, au lead en général. Pourtant d’autres atouts se cachent en pagaille à l’arrière : un album juste étonnant !
Graham Haynes au cornet, Hamid Drake à la batterie et au tambour sur cadre, Byard Lancaster et Dave Liebman au sax soprano, Zakir Hussain au tabla, Craig Harris au trombone, de quoi donner du sel à moudre ! Et puis également des chanteurs venus d’autres continents : Gulam Mohamed Khan qui joue également de l’harmonium, Badal Roy qui joue aussi des tablas et la chanteuse Sussan Deyhim qui, elle, ne fait que chanter…
Et d’autres encore moins connus, mais tout autant présents, qui apportent la couleur de l’orient qui se mélange et se fond dans un tronc commun avec d’autres musiques, entre ambiant, musique indienne, jazz parfois, reggae, dub et transe souvent, comme une quête et un aboutissement, un album certes étonnant…
Sept titres qui font part belle à leurs compositeurs, Bill Laswell qui signe quatre fois, seul sur le très beau « Black Lotus » et en partage avec Graham Haynes sur « X-Zibit-i », avec Byard Lancaster sur « Derive » et avec Clive Bell et Jah Wobble sur « Driftwork », autant de moments forts et précieux de cet album.
Les trois autres pièces sont signées par Bill Buchen, qui joue des tablas, des percus, de la batterie et de l’ektare, un instrument Bengalais à une corde, et par Gulam Mohamed Khan qui apportent à égalité une forte contribution également, ce qu’il fallait pour que le partage fût équitable et juste.
Alors bien souvent les chants prennent le pouvoir et s’évadent au-dessus de la masse des drums, des percus et des bourdons, mais « Derive » se laisse glisser vers les tentations jazz, et la musique sautille et s’accélère bien souvent aux accents indiens qui la font bondir, avant qu’elle ne s’affale en psalmodie comme sur « Saiya Nikasegaye » qui hésite entre ballade et litanie…
Cet album exotique, fluide et à la croisée des chemins est une belle réussite aussi fraîche aujourd’hui qu’au moment de sa sortie.
Black Lotus
X-Zibit-i
Derive
Driftwork
Raag Sohni
Un maître d’œuvre bien connu en la personne de Bill Laswell à la basse, aux claviers et aux percussions, ainsi qu’aux arrangements de certaines pièces et à la production, au lead en général. Pourtant d’autres atouts se cachent en pagaille à l’arrière : un album juste étonnant !
Graham Haynes au cornet, Hamid Drake à la batterie et au tambour sur cadre, Byard Lancaster et Dave Liebman au sax soprano, Zakir Hussain au tabla, Craig Harris au trombone, de quoi donner du sel à moudre ! Et puis également des chanteurs venus d’autres continents : Gulam Mohamed Khan qui joue également de l’harmonium, Badal Roy qui joue aussi des tablas et la chanteuse Sussan Deyhim qui, elle, ne fait que chanter…
Et d’autres encore moins connus, mais tout autant présents, qui apportent la couleur de l’orient qui se mélange et se fond dans un tronc commun avec d’autres musiques, entre ambiant, musique indienne, jazz parfois, reggae, dub et transe souvent, comme une quête et un aboutissement, un album certes étonnant…
Sept titres qui font part belle à leurs compositeurs, Bill Laswell qui signe quatre fois, seul sur le très beau « Black Lotus » et en partage avec Graham Haynes sur « X-Zibit-i », avec Byard Lancaster sur « Derive » et avec Clive Bell et Jah Wobble sur « Driftwork », autant de moments forts et précieux de cet album.
Les trois autres pièces sont signées par Bill Buchen, qui joue des tablas, des percus, de la batterie et de l’ektare, un instrument Bengalais à une corde, et par Gulam Mohamed Khan qui apportent à égalité une forte contribution également, ce qu’il fallait pour que le partage fût équitable et juste.
Alors bien souvent les chants prennent le pouvoir et s’évadent au-dessus de la masse des drums, des percus et des bourdons, mais « Derive » se laisse glisser vers les tentations jazz, et la musique sautille et s’accélère bien souvent aux accents indiens qui la font bondir, avant qu’elle ne s’affale en psalmodie comme sur « Saiya Nikasegaye » qui hésite entre ballade et litanie…
Cet album exotique, fluide et à la croisée des chemins est une belle réussite aussi fraîche aujourd’hui qu’au moment de sa sortie.
Black Lotus
X-Zibit-i
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
En évoquant ce projet de Bill Laswell, on ne peut que lui souhaiter bon courage.
il n'est pas en grande forme et passe une bonne partie de ses journées cloué au lit, l'empêchant donc de pratiquer sa musique
Une cagnotte a été créée par ses soutiens : https://www.gofundme.com/f/support-bill ... tial-needs
Merci pour le partage, j'avais oublié l'existence de Sacred System
il n'est pas en grande forme et passe une bonne partie de ses journées cloué au lit, l'empêchant donc de pratiquer sa musique
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Merci pour le partage, j'avais oublié l'existence de Sacred System
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
J'ignorais cette situation, il s'agit d'une infection sanguine rare qui l'oblige à rester alité, d'après ce que je viens de lire:Piranha a écrit : ↑mer. 29 avr. 2026 07:49En évoquant ce projet de Bill Laswell, on ne peut que lui souhaiter bon courage.
il n'est pas en grande forme et passe une bonne partie de ses journées cloué au lit, l'empêchant donc de pratiquer sa musique
Une cagnotte a été créée par ses soutiens : https://www.gofundme.com/f/support-bill ... tial-needs
Merci pour le partage, j'avais oublié l'existence de Sacred System
"Severely sidelined by health issues since December 2022, when a rare blood infection that affected his heart resulted in an extended, multi-month hospitalization, bassist Bill Laswell has been recuperating at home while battling lingering pain and breathing problems."
Sacred System est un vieux projet mais reste bien sympa à l'écoute...
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Steve Lacy / Mal Waldron – Let's Call This.... Esteem – (1993)
En ce mois d’avril les nouveautés jazz annoncent un nouvel album de Mal Waldron et Steve Lacy, son nom « Play Monk, Ellington & Strayhorn Live At Yoshi’s1994 ». Voilà qui semble très intéressant ! Un p’tit coup d’œil à la Nfac, quarante et une boule le double vinyle, mazette regardons le Cd, vingt-neuf boules, ouille, ouille ! les boules …
Heureusement pour se consoler il existe « Let's Call This.... Esteem » de quatre-vingt-treize avec le sublime duo, de quoi se réconforter à moindre frais, pour quelques roros seulement… Soixante-dix-huit minutes et quinze secondes captées « At The Playhouse Theatre » à Oxford, le seize mai, un peu avant le Live au Yoshi's, de la baie de San Francisco…
Par ailleurs le répertoire est assez approchant du concert du Yoshi, Monk Ellington et Strayhorn également, mais aussi Waldron et Lacy, six pièces communes au total, mais dans des versions forcément différentes. Premier gros frisson avec « In a Sentimental Mood » d’Ellington qui grimpe haut.
« Snake Out » de Waldron, qui suit est également tortueux et magnifique, avec Lacy qui crapahute et s’enhardit avec entêtement, sans rien lâcher dans son discours, quatorze minutes d’introspection brûlante et de partage, avec un solo géant de Waldron où toute sa classe éclate… Une version magistrale à très grande intensité !
Ensuite le « Blues for Aida » de Lacy, légèrement pesant et questionnant, avec ses boucles et le destin qui frappe… C’est la première tournée anglaise du duo et tout est merveilleusement parfait, y compris la version de « Johnny Come Lately » de Strayhorn qui enchante, la prise de son est très réussie, ce duo est juste incroyable, complémentaire avec évidence, les deux sachant tout faire, ils ont une expérience commune qui en fait plus que des habitués ou de simples familiers, ils semblent même en quête de gémellité.
Un autre magnifique alboum à mettre dans la besace !
In a Sentimental Mood
Snake Out
Blues for Aida
Johnny Come Lately
Let's Call This... Esteem
En ce mois d’avril les nouveautés jazz annoncent un nouvel album de Mal Waldron et Steve Lacy, son nom « Play Monk, Ellington & Strayhorn Live At Yoshi’s1994 ». Voilà qui semble très intéressant ! Un p’tit coup d’œil à la Nfac, quarante et une boule le double vinyle, mazette regardons le Cd, vingt-neuf boules, ouille, ouille ! les boules …
Heureusement pour se consoler il existe « Let's Call This.... Esteem » de quatre-vingt-treize avec le sublime duo, de quoi se réconforter à moindre frais, pour quelques roros seulement… Soixante-dix-huit minutes et quinze secondes captées « At The Playhouse Theatre » à Oxford, le seize mai, un peu avant le Live au Yoshi's, de la baie de San Francisco…
Par ailleurs le répertoire est assez approchant du concert du Yoshi, Monk Ellington et Strayhorn également, mais aussi Waldron et Lacy, six pièces communes au total, mais dans des versions forcément différentes. Premier gros frisson avec « In a Sentimental Mood » d’Ellington qui grimpe haut.
« Snake Out » de Waldron, qui suit est également tortueux et magnifique, avec Lacy qui crapahute et s’enhardit avec entêtement, sans rien lâcher dans son discours, quatorze minutes d’introspection brûlante et de partage, avec un solo géant de Waldron où toute sa classe éclate… Une version magistrale à très grande intensité !
Ensuite le « Blues for Aida » de Lacy, légèrement pesant et questionnant, avec ses boucles et le destin qui frappe… C’est la première tournée anglaise du duo et tout est merveilleusement parfait, y compris la version de « Johnny Come Lately » de Strayhorn qui enchante, la prise de son est très réussie, ce duo est juste incroyable, complémentaire avec évidence, les deux sachant tout faire, ils ont une expérience commune qui en fait plus que des habitués ou de simples familiers, ils semblent même en quête de gémellité.
Un autre magnifique alboum à mettre dans la besace !
In a Sentimental Mood
Snake Out
Blues for Aida
Johnny Come Lately
Let's Call This... Esteem
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Nils Petter Molvær – Er – (2005)
Pour qui ne connaît Nils Petter Molvær que par le séduisant « Khmer » il faut noter que bien des années se sont écoulées, et que la signature musicale s’est modifiée, faisant place à une sorte d’ambiant et d’électro qui s’affichent ici…
L’album se nomme « ER », peut-être est-ce dû à la fin de « Peter » ou de « Molvaer », ou bien encore aux lettres finales des titres qui se succèdent, « Hover », « Softer », « Water », « Sober, « Darker », « Feeder » et « Dancer », seul « Only These Things Count », le titre chanté par Sidsel Endresen, échappe à la loi des suffixes.
« …er » quand il s’affiche ainsi fait montre d’une certaine supériorité, c’est le meilleur, le plus doux, le plus flottant ou le plus sombre, celui que l’on préfère… Mieux vaut se laisser guider par la musique, la trompette de Nils n’a pas cessé d’être davisienne, avec ou sans sourdine, elle n’est pas stridente et l’embouchure volontairement mal embouchée, laisse passer un flou un peu mou qui fait son petit effet…
Elle est belle et câline, va bien avec la guitare d’Eivind Aarset qui est de toutes les aventures, mais il y a cet électro puissante qui s’installe avec force dans les paysages, les batteries programmées, les samples qui déboulent, les claviers électro-trafiqués de quoi habiller les paysages, rythmer les machines et recouvrir les horizons et les ciels…
C’est tout de même plutôt beau, froid de loin, mais on se réchauffe en s’approchant, jusqu’à bouillir quand la musique recouvre et enrobe, comme dans un couffin, on s’y sent bien… Les voix vont bien et apporte un peu d’organique qui rassure, sur « water » par exemple, mais « Dancer » qui termine l’album donne bien envie de bouger, enfin tant que ce peut, car, décidément, l’ombre d’ECM rôde encore dans ces régions septentrionales…
Hover
Only These Things Count
Softer
Water
Dancer
Pour qui ne connaît Nils Petter Molvær que par le séduisant « Khmer » il faut noter que bien des années se sont écoulées, et que la signature musicale s’est modifiée, faisant place à une sorte d’ambiant et d’électro qui s’affichent ici…
L’album se nomme « ER », peut-être est-ce dû à la fin de « Peter » ou de « Molvaer », ou bien encore aux lettres finales des titres qui se succèdent, « Hover », « Softer », « Water », « Sober, « Darker », « Feeder » et « Dancer », seul « Only These Things Count », le titre chanté par Sidsel Endresen, échappe à la loi des suffixes.
« …er » quand il s’affiche ainsi fait montre d’une certaine supériorité, c’est le meilleur, le plus doux, le plus flottant ou le plus sombre, celui que l’on préfère… Mieux vaut se laisser guider par la musique, la trompette de Nils n’a pas cessé d’être davisienne, avec ou sans sourdine, elle n’est pas stridente et l’embouchure volontairement mal embouchée, laisse passer un flou un peu mou qui fait son petit effet…
Elle est belle et câline, va bien avec la guitare d’Eivind Aarset qui est de toutes les aventures, mais il y a cet électro puissante qui s’installe avec force dans les paysages, les batteries programmées, les samples qui déboulent, les claviers électro-trafiqués de quoi habiller les paysages, rythmer les machines et recouvrir les horizons et les ciels…
C’est tout de même plutôt beau, froid de loin, mais on se réchauffe en s’approchant, jusqu’à bouillir quand la musique recouvre et enrobe, comme dans un couffin, on s’y sent bien… Les voix vont bien et apporte un peu d’organique qui rassure, sur « water » par exemple, mais « Dancer » qui termine l’album donne bien envie de bouger, enfin tant que ce peut, car, décidément, l’ombre d’ECM rôde encore dans ces régions septentrionales…
Hover
Only These Things Count
Softer
Water
Dancer
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Pat Martino – Strings! – (1967)
C’est le deuxième album de Pat Martino en tant que leader, il a été enregistré le deux octobre soixante-sept, alors que Pat n’avait que vingt-trois ans. Il est entouré par Joe Farrell à la flûte et au sax ténor, Cedar Walton au piano, Ben Tucker à la contrebasse, et Walter Perkins à la batterie.
Deux percussionnistes, Dave Levin et Ray Appleton, se joignent à la formation lors du titre d’ouverture « Strings ». L’album est enregistré à New York et dure trente-sept minutes, les standards de l’époque. Dans ses débuts Pat a énormément joué dans les groupes des autres, sideman apprécié et doué. Il jouait par exemple dans les groupes avec orgue, comme ceux de Don Patterson ou de Jack McDuff.
« Strings » fait suite au très excellent « El Hombre » paru lui aussi sur Prestige, enregistré quelques mois auparavant. Le jeu déjà fascinant de Par Martino le dévoile grand technicien, habile et plutôt bluesy. Seulement cinq pièces ici mais toutes remarquables, entre la vélocité de « Minority », le seul titre qui n’est pas signé de Martino, et la douceur de « Mom »…
Joe Farrell est un bel atout sur cet album, dans la tradition hard bop qui régnait encore, il assure excellemment. Cedar Walton n’est pas le moins brillant dans ses interventions, derrière les solistes quand il faut les soutenir, mais également soliste lui-même, bien inspiré au fil de cet album, comme il le montre sur « Querido » en duo avec Pat Martino, sur le titre latino qui termine chaudement ce bel album.
Strings
Minority
Lean Years
Mom
Querido
C’est le deuxième album de Pat Martino en tant que leader, il a été enregistré le deux octobre soixante-sept, alors que Pat n’avait que vingt-trois ans. Il est entouré par Joe Farrell à la flûte et au sax ténor, Cedar Walton au piano, Ben Tucker à la contrebasse, et Walter Perkins à la batterie.
Deux percussionnistes, Dave Levin et Ray Appleton, se joignent à la formation lors du titre d’ouverture « Strings ». L’album est enregistré à New York et dure trente-sept minutes, les standards de l’époque. Dans ses débuts Pat a énormément joué dans les groupes des autres, sideman apprécié et doué. Il jouait par exemple dans les groupes avec orgue, comme ceux de Don Patterson ou de Jack McDuff.
« Strings » fait suite au très excellent « El Hombre » paru lui aussi sur Prestige, enregistré quelques mois auparavant. Le jeu déjà fascinant de Par Martino le dévoile grand technicien, habile et plutôt bluesy. Seulement cinq pièces ici mais toutes remarquables, entre la vélocité de « Minority », le seul titre qui n’est pas signé de Martino, et la douceur de « Mom »…
Joe Farrell est un bel atout sur cet album, dans la tradition hard bop qui régnait encore, il assure excellemment. Cedar Walton n’est pas le moins brillant dans ses interventions, derrière les solistes quand il faut les soutenir, mais également soliste lui-même, bien inspiré au fil de cet album, comme il le montre sur « Querido » en duo avec Pat Martino, sur le titre latino qui termine chaudement ce bel album.
Strings
Minority
Lean Years
Mom
Querido
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Dave Douglas – Soul On Soul – (2000)
Douglas débarque sur une major, RCA, après avoir écumé les labels de moindre importance, du coup il se notabilise, pourrait-on dire, en tout cas ce n’est pas là qu’il va faire la révolution, et ça s’entend…
On ne lui en veut cependant pas, car la révolution ce n’est pas vraiment son truc, même s’il s’est risqué aux côtés de Zorn il y a quelques années. Du coup il regarde côté « soul », note-t-on dans le titre, un certain retour à la tradition pourrait-on dire également, car l’album est dédié à la pianiste Mary Lou Williams.
Douglas incorpore ici quatre titres composés par la pianiste, dont autrefois Duke Ellington parla en ces termes : « Sa musique est perpétuellement contemporaine. Elle conserve un standard de qualité intemporel. Elle est comme une âme sur une autre. » D’où l’expression « Soul to Soul » qui est utilisée ici et qui devient également le titre de la troisième pièce de l’album.
Greg Tardy ou Chris Speed sont au sax ténor ou à la clarinette, Joshua Roseman au trombone, Uri Caine au piano, James Genus à la contrebasse et Joey Baron à la batterie. Des accompagnateurs de haut vol, comme il se doit car l’exigence est haute avec ces gars-là.
Les neuf autres compos sont signées par Douglas, comme le superbe « Moon of The West » qui déchire merveilleusement, magnifique compo, solo d’anthologie, arrangements parfaits. Chaque pièce est un bouquet finement arrangé et assemblé, jusqu’au plus petit détail, pensé, mesuré et dressé…
On retrouve ici la formule du sextet, souvent élue par Dave Douglas, pour honorer ses contemporains, auxquels il dédie souvent ses albums. Certes ici ça brille et ça pétille dans une certaine tradition, notamment quand sont interprétées les pièces de Mary Lou Williams, mais cette source n’est faite que de joie et de bonheur partagés !
Dave Douglas - Soul on Soul (2000)
Douglas débarque sur une major, RCA, après avoir écumé les labels de moindre importance, du coup il se notabilise, pourrait-on dire, en tout cas ce n’est pas là qu’il va faire la révolution, et ça s’entend…
On ne lui en veut cependant pas, car la révolution ce n’est pas vraiment son truc, même s’il s’est risqué aux côtés de Zorn il y a quelques années. Du coup il regarde côté « soul », note-t-on dans le titre, un certain retour à la tradition pourrait-on dire également, car l’album est dédié à la pianiste Mary Lou Williams.
Douglas incorpore ici quatre titres composés par la pianiste, dont autrefois Duke Ellington parla en ces termes : « Sa musique est perpétuellement contemporaine. Elle conserve un standard de qualité intemporel. Elle est comme une âme sur une autre. » D’où l’expression « Soul to Soul » qui est utilisée ici et qui devient également le titre de la troisième pièce de l’album.
Greg Tardy ou Chris Speed sont au sax ténor ou à la clarinette, Joshua Roseman au trombone, Uri Caine au piano, James Genus à la contrebasse et Joey Baron à la batterie. Des accompagnateurs de haut vol, comme il se doit car l’exigence est haute avec ces gars-là.
Les neuf autres compos sont signées par Douglas, comme le superbe « Moon of The West » qui déchire merveilleusement, magnifique compo, solo d’anthologie, arrangements parfaits. Chaque pièce est un bouquet finement arrangé et assemblé, jusqu’au plus petit détail, pensé, mesuré et dressé…
On retrouve ici la formule du sextet, souvent élue par Dave Douglas, pour honorer ses contemporains, auxquels il dédie souvent ses albums. Certes ici ça brille et ça pétille dans une certaine tradition, notamment quand sont interprétées les pièces de Mary Lou Williams, mais cette source n’est faite que de joie et de bonheur partagés !
Dave Douglas - Soul on Soul (2000)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Joe Lovano – From The Soul – (1992)
Voici le second album de Joe Lovano pour le label Blue Note, ce qui débute une assez longue série qui se poursuivra jusqu’en deux mille quinze, ce qui fait de Joe un artiste « maison » qui gardera toutefois une grande liberté de choix concernant ses partenaires.
Le quartet qu’il réunit ici est cependant assez incroyable, puisqu’il comprend Michel Petrucciani au piano, Dave Holland à la contrebasse et Ed Blackwell à la batterie. Sans être véritablement innovant ou surprenant, il restera tout de même une étape importante dans la discographie de Joe, et l’un de ses plus solides albums de post-bop, réussite artistique et commerciale qui recevra un excellent accueil.
Côté répertoire, il contient la moitié des dix titres qui sont signés par le leader, de belles pièces comme le titre d’ouverture « Evolution », avec un Lovano qui semble vouloir s’envoler, poussé par la solide rythmique qui le pousse dans son essor.
Il y a également une magnifique reprise du standard « Body And Soul » plutôt sublime, qui laissera un grand souvenir, une autre du « Central Park West » de Coltrane, ainsi que « Work » de Thelonious Monk, autant de petites merveilles qui nous comblent, « Portrait Of Jenny » ne dépare pas, c’est une magnifique ballade comme on les aime, l’album s’inscrit parmi ce que Joe réussira de mieux lors de sa longue carrière.
Il interprète également le titre « Left Behind », qui fut autrefois écrit par Judi Silverman à l’intention du père de Joe Lovano, qui vient de décéder. Le hasard veut qu’il soit à nouveau question de l’âme dans le titre de cet album, traversé par de magnifiques ballades, ainsi que par la transparence voulue dans le jeu de batterie si brillant d’Ed Blackwell…
La réussite tient également à l’excellence des musiciens invités, Dave Holland placé dans l’axe central délivre une partie ronde et puissante, à la fois souple et précise absolument époustouflante, quant à Michel Petrucciani, il n’est pas là par hasard, après avoir joué aux côtés de Charles Lloyd il est à son apogée et participe avec tact et subtilité à cette belle aventure…
Evolution
A Portrait Of Jennie
Body And Soul
Central Park West
Work
Fort Worth
Voici le second album de Joe Lovano pour le label Blue Note, ce qui débute une assez longue série qui se poursuivra jusqu’en deux mille quinze, ce qui fait de Joe un artiste « maison » qui gardera toutefois une grande liberté de choix concernant ses partenaires.
Le quartet qu’il réunit ici est cependant assez incroyable, puisqu’il comprend Michel Petrucciani au piano, Dave Holland à la contrebasse et Ed Blackwell à la batterie. Sans être véritablement innovant ou surprenant, il restera tout de même une étape importante dans la discographie de Joe, et l’un de ses plus solides albums de post-bop, réussite artistique et commerciale qui recevra un excellent accueil.
Côté répertoire, il contient la moitié des dix titres qui sont signés par le leader, de belles pièces comme le titre d’ouverture « Evolution », avec un Lovano qui semble vouloir s’envoler, poussé par la solide rythmique qui le pousse dans son essor.
Il y a également une magnifique reprise du standard « Body And Soul » plutôt sublime, qui laissera un grand souvenir, une autre du « Central Park West » de Coltrane, ainsi que « Work » de Thelonious Monk, autant de petites merveilles qui nous comblent, « Portrait Of Jenny » ne dépare pas, c’est une magnifique ballade comme on les aime, l’album s’inscrit parmi ce que Joe réussira de mieux lors de sa longue carrière.
Il interprète également le titre « Left Behind », qui fut autrefois écrit par Judi Silverman à l’intention du père de Joe Lovano, qui vient de décéder. Le hasard veut qu’il soit à nouveau question de l’âme dans le titre de cet album, traversé par de magnifiques ballades, ainsi que par la transparence voulue dans le jeu de batterie si brillant d’Ed Blackwell…
La réussite tient également à l’excellence des musiciens invités, Dave Holland placé dans l’axe central délivre une partie ronde et puissante, à la fois souple et précise absolument époustouflante, quant à Michel Petrucciani, il n’est pas là par hasard, après avoir joué aux côtés de Charles Lloyd il est à son apogée et participe avec tact et subtilité à cette belle aventure…
Evolution
A Portrait Of Jennie
Body And Soul
Central Park West
Work
Fort Worth
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Lol Coxhill & Michel Doneda – Sitting On Your Stairs – (2013)
Les deux sont assis dans votre escalier et joue de la musique ensemble, l’un à côté de l’autre, chacun embouchant son saxophone soprano, l’instrument dirigé vers le bas, comme s’il fallait débarrasser le sol de la poussière…
Euh non, en fait tout ça s’est déroulé aux Instants Chavirés, à Montreuil, le trois février deux mille onze. Ils sont deux sopranistes, il est un moment où chacun joue sa bafouille, en place deux pour Doneda et son « MD Solo » et juste après pour Coxhill, avec « LC Solo », l’idée est bonne, elle permet de se faire à chacun, à sa façon de jouer, pour mieux se connaître avant de se mélanger…
Euh non, pas tout à fait, car la première pièce, « Last Duet » ouvre l’album et permet de faire connaissance, mais on connaît les enjeux, les improvisations, jouer ce qui passe, mobiliser son cerveau et y chercher du nouveau, de l’inédit, ou plus simplement du spontané, ce qui vient et sort, comme une naissance, un cri ou un mot que l’on dit, dans le souffle…
Michel Doneda est le moins connu du duo, il est Briviste, des gens dont on parle dans l’ovalie, mais là on est plutôt en sopranolie, tout comme Steve Lacy c’est un exclusif, il joue essentiellement du soprano, un peu du sopranino également, s’il faut être précis, mais le soprano emplit un bon bout de sa vie.
D’ailleurs il me semble qu’il est autodidacte et qu’il aurait construit de lui-même une grande partie de sa maison, mais je n’en suis plus trop sûr, allez savoir… C’est pourtant l’idée que j’ai de lui et elle colle bien avec sa musique, très personnelle. D’ailleurs il a des idées de « bricoleur » plus que son collègue, le grand Lol que l’on connaît bien.
Quatre duos au total, vraiment passionnants, dommage qu’il n’est nulle part précisé où joue chacun, il faut hypothèser à chaque fois, bien qu’ils ne changent pas de côté, ce qui simplifie bien. Pour moi Doneda joue à droite, mais faites vos jeux !
Une musique sublime se tient là, pas bien loin de l’escalier…
de petits extraits par ici:
https://www.soundohm.com/product/sitting-on-your-stairs
Les deux sont assis dans votre escalier et joue de la musique ensemble, l’un à côté de l’autre, chacun embouchant son saxophone soprano, l’instrument dirigé vers le bas, comme s’il fallait débarrasser le sol de la poussière…
Euh non, en fait tout ça s’est déroulé aux Instants Chavirés, à Montreuil, le trois février deux mille onze. Ils sont deux sopranistes, il est un moment où chacun joue sa bafouille, en place deux pour Doneda et son « MD Solo » et juste après pour Coxhill, avec « LC Solo », l’idée est bonne, elle permet de se faire à chacun, à sa façon de jouer, pour mieux se connaître avant de se mélanger…
Euh non, pas tout à fait, car la première pièce, « Last Duet » ouvre l’album et permet de faire connaissance, mais on connaît les enjeux, les improvisations, jouer ce qui passe, mobiliser son cerveau et y chercher du nouveau, de l’inédit, ou plus simplement du spontané, ce qui vient et sort, comme une naissance, un cri ou un mot que l’on dit, dans le souffle…
Michel Doneda est le moins connu du duo, il est Briviste, des gens dont on parle dans l’ovalie, mais là on est plutôt en sopranolie, tout comme Steve Lacy c’est un exclusif, il joue essentiellement du soprano, un peu du sopranino également, s’il faut être précis, mais le soprano emplit un bon bout de sa vie.
D’ailleurs il me semble qu’il est autodidacte et qu’il aurait construit de lui-même une grande partie de sa maison, mais je n’en suis plus trop sûr, allez savoir… C’est pourtant l’idée que j’ai de lui et elle colle bien avec sa musique, très personnelle. D’ailleurs il a des idées de « bricoleur » plus que son collègue, le grand Lol que l’on connaît bien.
Quatre duos au total, vraiment passionnants, dommage qu’il n’est nulle part précisé où joue chacun, il faut hypothèser à chaque fois, bien qu’ils ne changent pas de côté, ce qui simplifie bien. Pour moi Doneda joue à droite, mais faites vos jeux !
Une musique sublime se tient là, pas bien loin de l’escalier…
de petits extraits par ici:
https://www.soundohm.com/product/sitting-on-your-stairs
We will dance again...
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Ziv Taubenfeld / Helena Espvall / João Sousa – You, Full Of Sources And Night – (2025)
Un album en provenance de « Nobusiness Records », le label lithuanien, paru au mois de novembre dernier, ce dernier se débat avec ses petits moyens et n’a plus le faste d’antan, mais des enregistrements au compte-gouttes sortent encore, et ce pour notre plus grand plaisir…
Cet enregistrement aurait pu ne jamais voir le jour, il est pourtant excellent, on peut même dire vraiment remarquable. Dès les premières notes il vous ferre et ne vous lâche plus, la pièce d’ouverture est phénoménale, « Oluyemi » est son nom, qui vous tient sous son emprise.
Ils ne sont pourtant que trois, Ziv Taubenfeld joue de la clarinette basse et frappe parfois le gong, Helena Espvall, d'origine suédoise, joue du violoncelle et l’utilise souvent comme une sorte de drone, et João Sousa est le batteur.
Tous ceux qui ont rencontré la clarinette basse grâce à Eric Dolphy sont restés particulièrement attachés à cet instrument, Ziv Taubenfeld n’appartient pas à cette génération-là, puisqu’il est né en quatre-vingt-six, mais il a parfaitement assimilé les apports des anciens et nous régale sans compter.
Une certaine fragilité dans son jeu voit parfois le jour, telle une sorte de tremblement qui fait naître comme une blessure, dès l’ouverture de l’album. La complicité avec le violoncelle d’Helena Espvall, joué parfois comme s’il s’agissait d’un instrument répétitif qui varie son impact en intensité, créant ainsi des effets couvrants, particulièrement lancinants et répétitifs.
João Sousa est un membre actif de la scène portugaise de jazz libre, là où siège le trio, il relance assez souvent la machine en utilisant les cymbales, un peu à la façon d’un Sunny Murray, tissant des paysages en tapis sonore. Mais il joue également des toms en les laissant chanter, cette fois-ci sans véritable frénésie, mais avec une belle densité comme sur « They Are Fragments Of The Sun ».
« Nuvem De Superficie Variavel » est également une pièce très puissante, qui plonge dans le free bouillonnant, et se consume en même temps que brûle l’énergie accumulée…
Un bien bel album à ne pas négliger, enregistré à Lisbonne au Namouche Studio.
Oluyemi
You, Full of Sources and Night
They Are Fragments of the Sun
Nuvem de Superficie Variavel
Un album en provenance de « Nobusiness Records », le label lithuanien, paru au mois de novembre dernier, ce dernier se débat avec ses petits moyens et n’a plus le faste d’antan, mais des enregistrements au compte-gouttes sortent encore, et ce pour notre plus grand plaisir…
Cet enregistrement aurait pu ne jamais voir le jour, il est pourtant excellent, on peut même dire vraiment remarquable. Dès les premières notes il vous ferre et ne vous lâche plus, la pièce d’ouverture est phénoménale, « Oluyemi » est son nom, qui vous tient sous son emprise.
Ils ne sont pourtant que trois, Ziv Taubenfeld joue de la clarinette basse et frappe parfois le gong, Helena Espvall, d'origine suédoise, joue du violoncelle et l’utilise souvent comme une sorte de drone, et João Sousa est le batteur.
Tous ceux qui ont rencontré la clarinette basse grâce à Eric Dolphy sont restés particulièrement attachés à cet instrument, Ziv Taubenfeld n’appartient pas à cette génération-là, puisqu’il est né en quatre-vingt-six, mais il a parfaitement assimilé les apports des anciens et nous régale sans compter.
Une certaine fragilité dans son jeu voit parfois le jour, telle une sorte de tremblement qui fait naître comme une blessure, dès l’ouverture de l’album. La complicité avec le violoncelle d’Helena Espvall, joué parfois comme s’il s’agissait d’un instrument répétitif qui varie son impact en intensité, créant ainsi des effets couvrants, particulièrement lancinants et répétitifs.
João Sousa est un membre actif de la scène portugaise de jazz libre, là où siège le trio, il relance assez souvent la machine en utilisant les cymbales, un peu à la façon d’un Sunny Murray, tissant des paysages en tapis sonore. Mais il joue également des toms en les laissant chanter, cette fois-ci sans véritable frénésie, mais avec une belle densité comme sur « They Are Fragments Of The Sun ».
« Nuvem De Superficie Variavel » est également une pièce très puissante, qui plonge dans le free bouillonnant, et se consume en même temps que brûle l’énergie accumulée…
Un bien bel album à ne pas négliger, enregistré à Lisbonne au Namouche Studio.
Oluyemi
You, Full of Sources and Night
They Are Fragments of the Sun
Nuvem de Superficie Variavel
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Suzuki Junzo – Sings II – (2013)
Une petite plongée dans la musique underground japonaise avec le chanteur Suzuki Junzo qui nous livre sur cet album un travail long de plusieurs années. Cet album est intéressant car il me semble sans équivalent, bien que le parti-pris guitare +chant soit le plus présent en ce bas monde.
Pour être juste il n’est pas souvent seul, des invités viennent et partagent les performances, cinq des onze pièces sont interprétées au moins à trois… Makoto Kawabata le leader d’Acid Mothers Temple intervient sur deux titres, « Eclipse IV » et « The Man With The Golden Arm » qui ferme l’album.
Ikuro Takahashi à la batterie et Richard Horner aux percussions interviennent sur « Crying Out Double Suicide Blues », c’est que le blues a pénétré l’âme de Suzuki Junzo pendant sa formation et sa jeunesse, il a beaucoup écouté les grands maîtres comme Robert Johnson, Muddy Waters ou Skip James et ils sont restés dans un petit coin, à l’intérieur, pour lui murmurer les blues et les chants désespérés de ce monde…
Il y a également « The End of Horizon » qui chante comme un truc de rock assez normé, du genre qui aurait pu être un succès si c’était possible, mais on sait bien que ça n’arrivera pas, ces trucs-là c’est pas pour lui…
Car la musique est souvent désolée, plutôt introvertie et emplie de solitude, les murs résonnent et les chants butent contre, les visions sont intériorisées et la guitare acoustique peine à trouver la voie qui ira parcourir le monde, bien que l’album soit tout de même bien arrivé chez moi, ce qui est plutôt bon signe…
« Chi no Mure » qui vient vers la fin, possède une force motrice animée par les vents qui se glissent et transportent voix et guitare électrique par-delà les obstacles, on sent que rien ne pourra arrêter ce flux, sinon tirer sur le fil après un quart d’heure de folie…
Et pour finir « The Man With The Golden Arm » et son invité prestigieux pour dire au revoir, sur le ton de la confidentialité avec un poil de mélancolie…
Midsummer's End
Eclipse IV
Suzuki Junzo - Crying Out Double Suicide Blues
Lament for The Man Without a Map
The End of Horizon
Chi no Mure
Une petite plongée dans la musique underground japonaise avec le chanteur Suzuki Junzo qui nous livre sur cet album un travail long de plusieurs années. Cet album est intéressant car il me semble sans équivalent, bien que le parti-pris guitare +chant soit le plus présent en ce bas monde.
Pour être juste il n’est pas souvent seul, des invités viennent et partagent les performances, cinq des onze pièces sont interprétées au moins à trois… Makoto Kawabata le leader d’Acid Mothers Temple intervient sur deux titres, « Eclipse IV » et « The Man With The Golden Arm » qui ferme l’album.
Ikuro Takahashi à la batterie et Richard Horner aux percussions interviennent sur « Crying Out Double Suicide Blues », c’est que le blues a pénétré l’âme de Suzuki Junzo pendant sa formation et sa jeunesse, il a beaucoup écouté les grands maîtres comme Robert Johnson, Muddy Waters ou Skip James et ils sont restés dans un petit coin, à l’intérieur, pour lui murmurer les blues et les chants désespérés de ce monde…
Il y a également « The End of Horizon » qui chante comme un truc de rock assez normé, du genre qui aurait pu être un succès si c’était possible, mais on sait bien que ça n’arrivera pas, ces trucs-là c’est pas pour lui…
Car la musique est souvent désolée, plutôt introvertie et emplie de solitude, les murs résonnent et les chants butent contre, les visions sont intériorisées et la guitare acoustique peine à trouver la voie qui ira parcourir le monde, bien que l’album soit tout de même bien arrivé chez moi, ce qui est plutôt bon signe…
« Chi no Mure » qui vient vers la fin, possède une force motrice animée par les vents qui se glissent et transportent voix et guitare électrique par-delà les obstacles, on sent que rien ne pourra arrêter ce flux, sinon tirer sur le fil après un quart d’heure de folie…
Et pour finir « The Man With The Golden Arm » et son invité prestigieux pour dire au revoir, sur le ton de la confidentialité avec un poil de mélancolie…
Midsummer's End
Eclipse IV
Suzuki Junzo - Crying Out Double Suicide Blues
Lament for The Man Without a Map
The End of Horizon
Chi no Mure
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Pour les amateurs de prix...
Le seul album de la liste dont je vous ai parlé c'est celui de Tyreek McDole, "Open up your senses"
Les autres, pas écouté!
Palmarès 2025 de l'Académie du jazz
Grand Prix de l'Académie du jazz : Sophia Domancich, Wishes
Prix Django Reinhardt : le batteur Gautier Garrigue
Prix du disque français : Leïla Olivesi, African Rhapsody
Prix Jazz vocal 2025 : Tyreek McDole, Open up your senses
Prix Évidence : Abysskiss, Big Dipper (Label Saä / Inouïe Distribution), coleadé par la saxophoniste Camille Maussion et le guitariste Pierre Tereygeol
Ce prix "distingue un nouvel enregistrement exceptionnel, à sortir de l’anonymat".
Prix Europe : la saxophoniste Hanna Paulsberg (Norvège)
Prix Blues, Soul, Gospel : Buddy Guy, Ain’t Done With The Blues
Prix Jazz Héritage : Jean-Loup Longnon Big Band, Istanbounce (Continuo Jazz)
Le seul album de la liste dont je vous ai parlé c'est celui de Tyreek McDole, "Open up your senses"
Les autres, pas écouté!
Palmarès 2025 de l'Académie du jazz
Grand Prix de l'Académie du jazz : Sophia Domancich, Wishes
Prix Django Reinhardt : le batteur Gautier Garrigue
Prix du disque français : Leïla Olivesi, African Rhapsody
Prix Jazz vocal 2025 : Tyreek McDole, Open up your senses
Prix Évidence : Abysskiss, Big Dipper (Label Saä / Inouïe Distribution), coleadé par la saxophoniste Camille Maussion et le guitariste Pierre Tereygeol
Ce prix "distingue un nouvel enregistrement exceptionnel, à sortir de l’anonymat".
Prix Europe : la saxophoniste Hanna Paulsberg (Norvège)
Prix Blues, Soul, Gospel : Buddy Guy, Ain’t Done With The Blues
Prix Jazz Héritage : Jean-Loup Longnon Big Band, Istanbounce (Continuo Jazz)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Matthis Pascaud – Loup(s) – 2026
La dernière fois que l’on a parlé de Matthis Pascaud, il était en compagnie de Hugh Coltman, ils rôdaient dans le Bayou et fréquentaient les prêtresses vaudous. Voici Matthis avec une autre compagnie, en quartet…
Raphaël Chassin est le batteur, Laurent Vernerey le bassiste électrique et Christophe Panzani le saxophoniste ténor et le clarinettiste basse. Des solides, aujourd’hui on les qualifierait de « robuste », le terme à la mode de chez nous.
Pascaud est bien entendu le guitariste électrique, il compose également avec Raphaël Chassin, les deux connaissent l’affaire et n’en sont pas à leur coup d’essai, c’est d’ailleurs ce qui m’a valu de me séparer d’une tune pour me procurer ce Cd.
Après un rapide coup d’œil, je me dis qu’ils n’ont tout de même pas trop forcé côté nouveau matériel, on n’atteint pas les quarante minutes, ce qui aujourd’hui semble peu, mais gardons-nous de trop vite juger, car entre quantité et qualité, nous penchons toujours du côté qualitatif, le quantitatif n’étant qu’une sorte de « bonus », certes bienvenu…
Nous voici sur la piste des loups dans les vastes paysages états-uniens, dignes de l’Americana de Bill Frisell, sauf que, raté… Nous sommes plutôt côté Italie, du côté de Gran Sasso dans les Abruzzes… Là se trouvent les loups, les ours, les isards et les cerfs…
Pourtant, nous voilà placés pas si loin de Frisell, du rock et d’un poil de jazz et de country. La musique instrumentale baigne l’atmosphère, la voix de Célia Kameni fait chanter les corps par deux fois, particulièrement sur « Rose » qui va bien.
La musique se charge d’atmosphères et de couleurs sauvages, touches western et paysages grandioses, rencontres aventureuses et risquées, les loups rôdent dans la zone, il va falloir courir ou mieux, se transformer… On goutte à « Gran Sasso », à « Meute », « On The Pass » ou à « Wild Trip »…
You Better Not (part 2)
Rose
Gran Sasso
Meute
Wild Trip
La dernière fois que l’on a parlé de Matthis Pascaud, il était en compagnie de Hugh Coltman, ils rôdaient dans le Bayou et fréquentaient les prêtresses vaudous. Voici Matthis avec une autre compagnie, en quartet…
Raphaël Chassin est le batteur, Laurent Vernerey le bassiste électrique et Christophe Panzani le saxophoniste ténor et le clarinettiste basse. Des solides, aujourd’hui on les qualifierait de « robuste », le terme à la mode de chez nous.
Pascaud est bien entendu le guitariste électrique, il compose également avec Raphaël Chassin, les deux connaissent l’affaire et n’en sont pas à leur coup d’essai, c’est d’ailleurs ce qui m’a valu de me séparer d’une tune pour me procurer ce Cd.
Après un rapide coup d’œil, je me dis qu’ils n’ont tout de même pas trop forcé côté nouveau matériel, on n’atteint pas les quarante minutes, ce qui aujourd’hui semble peu, mais gardons-nous de trop vite juger, car entre quantité et qualité, nous penchons toujours du côté qualitatif, le quantitatif n’étant qu’une sorte de « bonus », certes bienvenu…
Nous voici sur la piste des loups dans les vastes paysages états-uniens, dignes de l’Americana de Bill Frisell, sauf que, raté… Nous sommes plutôt côté Italie, du côté de Gran Sasso dans les Abruzzes… Là se trouvent les loups, les ours, les isards et les cerfs…
Pourtant, nous voilà placés pas si loin de Frisell, du rock et d’un poil de jazz et de country. La musique instrumentale baigne l’atmosphère, la voix de Célia Kameni fait chanter les corps par deux fois, particulièrement sur « Rose » qui va bien.
La musique se charge d’atmosphères et de couleurs sauvages, touches western et paysages grandioses, rencontres aventureuses et risquées, les loups rôdent dans la zone, il va falloir courir ou mieux, se transformer… On goutte à « Gran Sasso », à « Meute », « On The Pass » ou à « Wild Trip »…
You Better Not (part 2)
Rose
Gran Sasso
Meute
Wild Trip
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Mani Neumeier – Smoking The Contracts – (2011)
Voici un Cd au service un peu minimum, orné d’une simple feuille recto verso au format Cd, d’un côté la couverture, de l’autre quelques renseignements. Evidemment le nom des musiciens est le plus important…
Mani Neumeier est le leader, il joue de la batterie, Oren Ambarchi est guitariste, c’est aussi une figure de la musique électro, Edmondo Ammendola est le bassiste et Brendan Walls joue de la guitare ainsi que de la slide guitare. Cette configuration ne joue que sur la première pièce, « Smoking The Contracts », qui a été enregistré « Live at The Toff », à Melbourne, le trente décembre deux mille sept.
La pièce dépasse les vingt-quatre minutes, elle s’étend donc longuement, ce qui permet à Mani Neumeier d’étendre son espace assez longuement, comme il aimait à le faire en live avec le groupe Guru Guru, dont il est un des fondateurs. D’ailleurs nous ne sommes pas si éloignés de ce krautrock dont il fut l’un des animateurs.
La pièce suit des schémas que l’on rencontre assez souvent dans cette musique avec une entrée en matière plutôt calme et détendue, voire atmosphérique. Tout au long de la progression de la pièce elle se densifie sans cesse, jusqu’à exploser dans sa dernière partie.
Il faut dire que ça marche à tous les coups, d’autant qu’il y a la présence de l’australien Oren Ambarchi qui rentre à fond dans ce schéma et régale en collaborant avec le solide bassiste Edmondo Ammendola et son compère Brendan Walls.
Après cette parfaite réussite arrive la seconde pièce de l’album « Go Ahead, Oren », jouée en duo par Neumeier et Oren Ambarchi, toujours dans le même lieu mais le vingt-deux février deux mille neuf. La durée est encore supérieure, puisqu’elle atteint vingt-sept minutes et trente-trois secondes.
On retrouve encore le même genre de progression, mais avec la différence notable qu’Oren progresse en jouant des riffs de gratte, qu’il module au fil de la pièce, bien soutenu par Neumeier qui pulse à souhait et relance volontiers.
Il y a comme une césure vers la treizième minute, on sent la musique perdre son côté un peu « noisy » et s’oriente vers du krautrock plus classique, on profite à plein du jeu de guitare d’Oren qui déferle, puissant, après la quatorzième…
Smoking The Contracts
Go Ahead, Oren
Voici un Cd au service un peu minimum, orné d’une simple feuille recto verso au format Cd, d’un côté la couverture, de l’autre quelques renseignements. Evidemment le nom des musiciens est le plus important…
Mani Neumeier est le leader, il joue de la batterie, Oren Ambarchi est guitariste, c’est aussi une figure de la musique électro, Edmondo Ammendola est le bassiste et Brendan Walls joue de la guitare ainsi que de la slide guitare. Cette configuration ne joue que sur la première pièce, « Smoking The Contracts », qui a été enregistré « Live at The Toff », à Melbourne, le trente décembre deux mille sept.
La pièce dépasse les vingt-quatre minutes, elle s’étend donc longuement, ce qui permet à Mani Neumeier d’étendre son espace assez longuement, comme il aimait à le faire en live avec le groupe Guru Guru, dont il est un des fondateurs. D’ailleurs nous ne sommes pas si éloignés de ce krautrock dont il fut l’un des animateurs.
La pièce suit des schémas que l’on rencontre assez souvent dans cette musique avec une entrée en matière plutôt calme et détendue, voire atmosphérique. Tout au long de la progression de la pièce elle se densifie sans cesse, jusqu’à exploser dans sa dernière partie.
Il faut dire que ça marche à tous les coups, d’autant qu’il y a la présence de l’australien Oren Ambarchi qui rentre à fond dans ce schéma et régale en collaborant avec le solide bassiste Edmondo Ammendola et son compère Brendan Walls.
Après cette parfaite réussite arrive la seconde pièce de l’album « Go Ahead, Oren », jouée en duo par Neumeier et Oren Ambarchi, toujours dans le même lieu mais le vingt-deux février deux mille neuf. La durée est encore supérieure, puisqu’elle atteint vingt-sept minutes et trente-trois secondes.
On retrouve encore le même genre de progression, mais avec la différence notable qu’Oren progresse en jouant des riffs de gratte, qu’il module au fil de la pièce, bien soutenu par Neumeier qui pulse à souhait et relance volontiers.
Il y a comme une césure vers la treizième minute, on sent la musique perdre son côté un peu « noisy » et s’oriente vers du krautrock plus classique, on profite à plein du jeu de guitare d’Oren qui déferle, puissant, après la quatorzième…
Smoking The Contracts
Go Ahead, Oren
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
John Zorn – Curling – (2026)
Bien que cet album ne soit paru que très récemment, sa conception remonte à très loin, en soixante-dix-huit pour être précis. Zorn avait alors demandé au Rova Saxophone Quartet d’enregistrer ce « Curling » qu’il avait composé, en vue de le placer sur la face B de son premier album. Le quartet fit le job, mais un vilain coup du sort arriva : les bandes furent perdues avant la distribution, égarées entre San Francisco et New York.
Ce n’est qu’en deux mille douze que ce projet d’enregistrement est réactivé, bien que ce soit une œuvre de jeunesse, son intérêt semble susciter un désir de résurrection. C’est ainsi que le Rova Quartet formé par Steve Adams au sax alto, Jon Raskin au sax baryton, Bruce Ackley au soprano et Larry Ochs au ténor réinterprètent la première pièce d’une durée de vingt-cinq minutes et treize secondes, et simplement nommée « Curling ».
La seconde pièce porte également le même nom, mais est interprétée par « The William Winant Percussion Group » tel que voulu, dès la conception. Elle dure vingt minutes. Ce projet constitue le Volume quatre des « Olympiad ».
A l’origine elle s’inscrivait dans le cadre des « Games Pieces » qui alliaient l’aléatoire et le jeu, dans les règles de la composition. Le résultat obtenu est assez fantastique, source d’une musique à la fois planante et hypnotique, avec consigne principale de privilégier « les tons longs ».
Sur la première pièce sont donc contenus des sons étendus, avec souffle long, nombreuses résonances et son déclinant quand le souffle s’éteint. La multiplicité des musiciens provoque des accumulations de sons, à l’origine de nombreux effets sonores d’une grande beauté. A noter que les sons brefs ne sont pas interdits, pour peu que qu’ils soient indiqués dans le « Game Pieces ». Ce dernier est souvent constitué par des cartes tirées au hasard par le maître du jeu, particulièrement Zorn, qui infléchit ainsi la musique.
La seconde pièce est également magnifique, les tambours et les percussions sont à l’œuvre, les bois, les peaux et les métaux se partagent les effets, de la clochette au gong et du tam-tam à la grosse caisse, ainsi qu’à tout objet résonnant.
Tout ici est étrange et fascinant, faisant de cette sortie l’une des plus belles réussites de Zorn pour ce qui concerne ses œuvres de jeunesse, souvent d’un accès plus difficile et plus abrupt, alors qu’ici il suffit de se laisser tranquillement porter…
Curling
Bien que cet album ne soit paru que très récemment, sa conception remonte à très loin, en soixante-dix-huit pour être précis. Zorn avait alors demandé au Rova Saxophone Quartet d’enregistrer ce « Curling » qu’il avait composé, en vue de le placer sur la face B de son premier album. Le quartet fit le job, mais un vilain coup du sort arriva : les bandes furent perdues avant la distribution, égarées entre San Francisco et New York.
Ce n’est qu’en deux mille douze que ce projet d’enregistrement est réactivé, bien que ce soit une œuvre de jeunesse, son intérêt semble susciter un désir de résurrection. C’est ainsi que le Rova Quartet formé par Steve Adams au sax alto, Jon Raskin au sax baryton, Bruce Ackley au soprano et Larry Ochs au ténor réinterprètent la première pièce d’une durée de vingt-cinq minutes et treize secondes, et simplement nommée « Curling ».
La seconde pièce porte également le même nom, mais est interprétée par « The William Winant Percussion Group » tel que voulu, dès la conception. Elle dure vingt minutes. Ce projet constitue le Volume quatre des « Olympiad ».
A l’origine elle s’inscrivait dans le cadre des « Games Pieces » qui alliaient l’aléatoire et le jeu, dans les règles de la composition. Le résultat obtenu est assez fantastique, source d’une musique à la fois planante et hypnotique, avec consigne principale de privilégier « les tons longs ».
Sur la première pièce sont donc contenus des sons étendus, avec souffle long, nombreuses résonances et son déclinant quand le souffle s’éteint. La multiplicité des musiciens provoque des accumulations de sons, à l’origine de nombreux effets sonores d’une grande beauté. A noter que les sons brefs ne sont pas interdits, pour peu que qu’ils soient indiqués dans le « Game Pieces ». Ce dernier est souvent constitué par des cartes tirées au hasard par le maître du jeu, particulièrement Zorn, qui infléchit ainsi la musique.
La seconde pièce est également magnifique, les tambours et les percussions sont à l’œuvre, les bois, les peaux et les métaux se partagent les effets, de la clochette au gong et du tam-tam à la grosse caisse, ainsi qu’à tout objet résonnant.
Tout ici est étrange et fascinant, faisant de cette sortie l’une des plus belles réussites de Zorn pour ce qui concerne ses œuvres de jeunesse, souvent d’un accès plus difficile et plus abrupt, alors qu’ici il suffit de se laisser tranquillement porter…
Curling
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