J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 8 avr. 2026 02:18

Larry Coryell & The Eleventh House – At Montreux.jpg
Larry Coryell & The Eleventh House – At Montreux.jpg (156.21 Kio) Vu 293 fois
Larry Coryell & The Eleventh House – At Montreux – (1978)

Il se trouve que j’ai lu un petit article concernant cet album il y a peu de temps, à l’intérieur d’une revue de jazz qui traitait de la « fusion ». La pochette, genre calendrier de La Poste de fin d’année, semble agir comme un repoussoir, elle rappelle, hélas sans l’égaler, celle du pianiste Bill Evans quand il jouait à ce même festival de Montreux, pourtant l’album est bien sympathique côté musique, et, plusieurs fois conseillé par des spécialistes du genre, je me suis donc enquis de cet album il y a déjà fort longtemps.

Larry Coryell est un musicien qui m’a longtemps intéressé et auquel j’ai consacré pas mal de temps d’écoute. Vu en concert à Patrimonio en compagnie d’un autre guitariste, Juan Carmona, à la sensibilité « ibère », il offrait une réplique crédible, mais sans jamais rafler la mise, renvoyé dans ses cordes ? Pas vraiment, avec ce côté gentleman qui laissait les portes grandes ouvertes à son alter-égo du moment.

Ici, il joue en compagnie de Eleventh House, son groupe du moment, regroupé autour de la fusion qui cartonnait à l’époque. Il comprenait le claviériste Mike Mandel, le bassiste Danny Trifan, le batteur Alphonse Mouzon et le trompettiste Michael Lawrence qui remplaçait Randy Breaker, Larry Coryell à la guitare leadait tout ça, avec doigté.

C’est lui également qui ouvre le bal des impros avec une version à la guitare acoustique du « prélude n°4 » d’après Villa-Lobos. Mais bien vite la formation dans son ensemble offre ce virage « fusion » qui plaît tant à l’époque non sans raison d’ailleurs.

Tout ce qui est couché dans la cire est plutôt somptueux, mais bien vite on se trouve confronté au défaut de cet album beaucoup trop court, qui dépasse poussivement les trente-trois minutes, mais, comme c’est du tout bon, on ne jette rien…
Malgré que le temps soit passé abondamment, l’album est encore frais et conserve nombre de ses qualités, les compos sont largement partagées par l’ensemble de la formation et chacun s’ouvre aux solos avec justesse et talent.

Un bel album qui mérite une écoute, si ce n’est déjà fait…

Improvisation On Villa-Lobos (Prelude No. 4 In E Minor)


Tamari


Joyride (Live)


The Eleventh House Blues
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Bebeto
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Bebeto » mer. 8 avr. 2026 09:08

Je suis revenu un peu de la fusion, c'est en partie la bande-son des années 70. Le style a irrigué nombre de séries TV, par exemple. Bien entendu quelques-uns surnagent, mais il m'est devenu pénible d'écouter un disque en entier.

Pour l'instant, j'écoute ce que beaucoup considèrent comme l'un des plus grands disques du jazz (anglais). Beaucoup d'éloges, ce que j'aime dans ma version CD, notamment, c'est la qualité de la production. Extraordinaire. Comme j'écoute parfois AJA juste pour entendre un bel enregistrement et que ça joue. Ici, le disque est d'une grande richesse, accessible et complexe à la fois, les instrumentistes sont excellents pour un résultat qui survole bien des barrières musicales.
Image
Neil Ardley - Kaleidoscope of Rainbows, '76}
La Dream Team :
Neil Ardley (director, synthesizer) : Ian Carr (trumpet, flugelhorn) : Barbara Thompson, Tony Coe, Brian Smith, Bob Bertles (saxophone, woodwind) : Paul Buckmaster (cello) : Ken Shaw (guitar) : Geoff Castle, Dave McRae or John Taylor (electric piano, synthesizer) : Roger Sutton (bass guitar) : Roger Sellers (drums) : Trevor Tomkins (percussion).

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » mer. 8 avr. 2026 10:50

Bon retour parmi nous, Douglas

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Monsieur-Hulot » mer. 8 avr. 2026 11:15

Le "Larry Coryell" est incroyable !!!! (et la pochette est sympathiquement atroce :) )
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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 9 avr. 2026 04:25

Bebeto a écrit :
mer. 8 avr. 2026 09:08
Je suis revenu un peu de la fusion, c'est en partie la bande-son des années 70. Le style a irrigué nombre de séries TV, par exemple. Bien entendu quelques-uns surnagent, mais il m'est devenu pénible d'écouter un disque en entier.

Pour l'instant, j'écoute ce que beaucoup considèrent comme l'un des plus grands disques du jazz (anglais). Beaucoup d'éloges, ce que j'aime dans ma version CD, notamment, c'est la qualité de la production. Extraordinaire. Comme j'écoute parfois AJA juste pour entendre un bel enregistrement et que ça joue. Ici, le disque est d'une grande richesse, accessible et complexe à la fois, les instrumentistes sont excellents pour un résultat qui survole bien des barrières musicales.
Image
Neil Ardley - Kaleidoscope of Rainbows, '76}
La Dream Team :
Neil Ardley (director, synthesizer) : Ian Carr (trumpet, flugelhorn) : Barbara Thompson, Tony Coe, Brian Smith, Bob Bertles (saxophone, woodwind) : Paul Buckmaster (cello) : Ken Shaw (guitar) : Geoff Castle, Dave McRae or John Taylor (electric piano, synthesizer) : Roger Sutton (bass guitar) : Roger Sellers (drums) : Trevor Tomkins (percussion).
Tu relances fort avec cet album, je n'identifie que Ian Carr et Tony Coe, merci pour la découverte !

Idem nunu pour le Pierre Dorge Quartet que j'ai écouté (plusieurs fois) sur mon téléphone, ça tient chaud !

Quant au Coryell, même s'il reste anecdotique dans la masse, il mérite un t'ite oreille comme l'indique M Hulot...
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 9 avr. 2026 04:32

John Zorn – Suite For Piano.jpg
John Zorn – Suite For Piano.jpg (78.91 Kio) Vu 195 fois
John Zorn – Suite For Piano – (2022)

La rencontre entre Brian Marsella et John Zorn est déjà ancienne lorsqu’ils enregistrent cet album en deux mille vingt-deux, une bonne dizaine d’années pour le moins. Le temps de se connaître et de s’apprécier, de se jauger très certainement aussi.

Zorn a pourtant depuis fort longtemps pris la mesure de Brian Marsella, on pourrait presque dire qu’il a pris le temps, avant d’accepter de se laisser « envahir » par le pianiste prodige. L’attrait mutuel est trop fort et trop fécond, une grande place sera octroyée, de « Banquet Of The Spirits » aux « Bagatelles », à Marsella, plus particulièrement à son expression la plus sensible, au travers du classique trio piano, basse, batterie qu’il revisite avec Jorge Roeder et Ches Smith.

« Classique » va bien car il suggère la forme, l’histoire et le background qui entoure cette « Suite pour piano » qui, tout en restant irréductiblement moderne, s’en va piocher dans le lointain passé ses lettres de noblesse.

Les titres sont des guides révélateurs, « Allemande », « Sarabande », « Scherzo », « Menuet », « Gigue », « Pavane », « Intermezzo » … Tout un programme qui file entre nos oreilles et qui remonte de l’intérieur les bribes encore vivantes d’une culture inépuisable.

On connaît la précision et le sens de la perfection de Zorn, alors que tout est réinterprétation, rien n’est figé et tout renaît avec un brio époustouflant, tout en audace, avec une très grande sensibilité.

Un album magnifique qui en appellera d’autres, dont certains déjà évoqués par ici…

Praeludium


Allemande


Passacaglia


Intermezzo
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 10 avr. 2026 03:29

Whahay – Whahay.jpg
Whahay – Whahay.jpg (55.39 Kio) Vu 135 fois
Whahay – Whahay – (2014)

Voici un album paru sur le label toulousain un peu obscur, « Mr Morezon », dont j’ai déjà évoqué d’autres enregistrements remarquables, comme « Cannibales & Vahinés », « Le tigre des Platanes », « La Friture Moderne » ainsi que « No Noise No Reduction » pour être complet, mais il s’y cache certainement d’autres belles surprises…

Cet album-ci se différencie car il est consacré à des hommages à Mingus, dont il reprend quelques thèmes, neuf au total, de quoi faire un voyage significatif dans le monde du Grand Charles.

La formation Whahay est formée d’un trio composé par l’anglais Paul Rogers à la contrebasse, et deux français, Robin Fincker au saxophone ténor et à la clarinette, ainsi que Fabien Descombs à la batterie. Par bonheur ici rien n’est fossilisé et tout est ouvert, ainsi les thèmes sont bien souvent prétextes à développements nouveaux et improvisations inspirées, de quoi nourrir l’esprit curieux et imaginatif de l’auditeur en attente…

Pour autant les thèmes sont souvent très connus et popularisés par le fougueux contrebassiste qui ne se lassait pas de les jouer, comme « Better Get It In Your Soul », « Ecclusiastics », « Pithecantropus Erectus », « Reincarnation Of A Loverbird », « Work Song » ou « Goodbye Pork Pie Hat » parmi les plus connus et les plus anciens du répertoire mingusien.

Le plaisir de l’écoute est grand chez l’amateur qui se régale de ces lectures novatrices, souvent inusitées ou même surprenantes, comme le véloce « Bird Calls ». Les trois ne se contentent pas d’une simple lecture, mais déposent l’empreinte d’une forte personnalité, qui dépasse l’œuvre originale pour lui offrir une nouvelle peau, un cachet neuf et actualisé.

Le son, enregistré aux studios La Buissonne est résolument sans défaut, lumineux et très spatial, il satisfera les plus exigeants.

Better git it in your soul


Pithecantropus erectus


Work song


Goodbye pork pie hat
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 11 avr. 2026 03:05

Soft Machine – Floating World Live.jpg
Soft Machine – Floating World Live.jpg (108.38 Kio) Vu 34 fois
Soft Machine – Floating World Live (2006)

Cet enregistrement absolument fantastique a été capté à Brème le vingt-neuf janvier de l’année soixante-quinze, le son est excellent et nous plonge direct dans les années bénies d’un Soft Machine de très haut vol, avec l’historique Mike Ratledge aux claviers et aux synthés.

Il est le dernier encore à porter la légitimité historique, le dernier témoin des débuts de l’aventure, il transmet d’une certaine façon, en même temps que le nom, l’esprit de cette musique, ce qu’elle contient d’unique et d’original, cette couleur exquise et inimitable, qui ne s’affadira guère à l’arrivée du « jazz-rock » et se perpétuera avec sa différence.

Les héritiers sont déjà là et Karl Jenkins n’est pas le dernier à porter la flamme. Il joue du hautbois, du sax soprano et, à l’occasion, du piano électrique, aux côtés de Ratledge. Il succède ainsi à Elton Dean, qui a quitté le navire après l’extraordinaire « Six », un autre sommet discographique. Jenkins prendra de l’importance à l’intérieur de la formation et en deviendra une sorte de leader après que Ratledge soit parti. Il compose et improvise avec talent tant au hautbois qu’au sax, se révélant décisif dans le son du groupe.

L’autre pôle important et même capital dans la couleur musicale de ce « Soft » de l’année soixante-quinze naissante, c’est l’extraordinaire guitariste Allan Holdsworth qui met le feu un peu partout, et scintille à chacune de ses interventions. Il joue même du violon sur « The Man Who Waved At Trains ».

La section rythmique est également phénoménale, John Marshall est à la batterie et aux percussions, il brille avec maestria sur « J.S.M. » qui prouve que les solos de batterie ne sont pas nécessairement ennuyeux, lui aussi est une grande figure du Soft Machine renouvelé, et appartient à la grande famille élargie.

Le bassiste Roy Babbington est lui aussi un membre du giron familial, il a enregistré sur « Fourth » et « 5 », avec Hugh Hopper, ainsi il possède toute la légitimité nécessaire et fait le job en conservant la couleur d’origine.

Malgré que le jazz rock bouillonne au-delà de l’Atlantique, et semble vouloir déferler sur le monde du rock à grands coups de fusion, les anglais, aux clefs de la Machine Molle, ne s’en laissent pas compter et offrent une alternative authentique et classieuse tout à fait crédible.

Beaucoup des pièces jouées sur cet album, six en fait, paraîtront en soixante-quinze sur l’album « Bundles » dans une version studio. Une réédition récente met cet album facilement à disposition.

Soft Machine - Bundles


Land Of The Bag Snake


The Man Who Waved At Trains


Riff III


Endgame
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