J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
"Les kms clignotent
C’est l’heur’ d’la révision
J’me casse un peu d’temps
Faut qu’j’emmène ma « deux pattes » au garage
Monter sur le pont
Les durites sont bouchées
Va falloir ponter, ponter
Prendre un p’tit bout à droite
Et un autr’ à gauche
Et raccrocher pour que l’huile
Elle circule à nouveau
Et qu’ça brille encor’ quèqu’ temps
Les kms clignotent
C’est l’heur’ d’la révision
De retour, dès qu’çà tournera rond…"
C’est l’heur’ d’la révision
J’me casse un peu d’temps
Faut qu’j’emmène ma « deux pattes » au garage
Monter sur le pont
Les durites sont bouchées
Va falloir ponter, ponter
Prendre un p’tit bout à droite
Et un autr’ à gauche
Et raccrocher pour que l’huile
Elle circule à nouveau
Et qu’ça brille encor’ quèqu’ temps
Les kms clignotent
C’est l’heur’ d’la révision
De retour, dès qu’çà tournera rond…"
We will dance again...
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TonTonMusiK
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Allez courage, la même chose m'attend à nouveau.
Alors musique pour tout le monde
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- Monsieur-Hulot
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
FILLES & MOTEURS, JOIES & DOULEURS.
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

belle découverte que ce guitariste que je ne connaissais pas avec cet album de 1980 ou il est accompagné d'un fort beau casting
- Monsieur-Hulot
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Merci Nunu de reprendre le flambeau, en espérant que l'opération de Douglas se passe bien !
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
.En hommage a Ralph Towner qui nous a quitté en janvier. la encore de très beaux sidemen. Towner comme d'habitude joue de la guitare 12 cordes et de la guitare classique ainsi que du piano
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

¨
petit hommage a Michel Portal. C'est son premier album sorti en 1969. Il a tellement touché a tout Portal que c'est difficile de pouvoir tout écouter
- whereisbrian
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Dewey Redman, The Ear Of The Behearer, Impulse, 1973
Dewey Redman, immense saxophoniste de jazz, et beaucoup moins connu que son fils, Joshua.
Il a collaboré avec Charlie Haden, Pat Metheny, Don Cherry, Keith Jarrett, Pharoah Sanders, Ornette Coleman ...
Un disque éblouissant, aventureux et free, si on passe outre les dissonances.

Dewey Redman, immense saxophoniste de jazz, et beaucoup moins connu que son fils, Joshua.
Il a collaboré avec Charlie Haden, Pat Metheny, Don Cherry, Keith Jarrett, Pharoah Sanders, Ornette Coleman ...
Un disque éblouissant, aventureux et free, si on passe outre les dissonances.

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

l'ONJ en 1997 sous la direction de Laurent Cugny.
Avec la fine fleur du jazz francais de l'époque
Alto Saxophone, Soprano Saxophone – Stefano Di Battista
Baritone Saxophone, Alto Saxophone, Soprano Saxophone – Pierre-Olivier Govin
Bass Guitar – Frédéric Monino
Composed By, Arranged By – Laurent Cugny (pistes : 2 to 9), Marc Richard (pistes : 1, 10)
Conductor – Laurent Cugny
Drums – Stéphane Huchard
Flute, Alto Flute, Piccolo Flute – Denis Barbier (pistes : 2 to 9)
French Horn – Bernard François (pistes : 2 to 9)
Guitar, Banjo – Lionel Benhamou (pistes : 1 to 6, 8 to 10)
Keyboards – Benoît De Mesmay (pistes : 2 to 6 , 8, 9), Laurent Cugny (pistes : 2 to 9)
Organ [Hammond] – Emmanuel Bex (pistes : 3)
Tenor Saxophone, Soprano Saxophone, Bass Clarinet, Clarinet – Stéphane Guillaume
Trombone – Phil Abraham
Trumpet, Flugelhorn – Claude Egéa, Claus Stötter, Flavio Boltro
Tuba – Christian Laisné (pistes : 2 to 9), Philippe Legris (pistes : 1, 10)
- Monsieur-Hulot
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
J'adore Ed Motta, un brésilien Funky Jazzy envoutant ! Et quel Groove !!!!
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- Piranha
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Pas de post au mois de mars, donc en avril on réouvre le fil
De l'Ambient Jazz comme on dit de nos jours, avant c'était du Jazz d'avant-garde, du Jazz planant aux ambiances posées ou je ne sais quoi encore
Finn Streuper est un compositeur néerlandais qui navigue entre le Jazz et la musique électronique. Les vignettes (18) de son premier album font autant appel au saxophone qu'à la library music. Basée sur l'essai du philosophe Thomas Nagel 'What Is It Like to Be a Bat" ; cette première oeuvre nous plonge dans un délicat monde sensoriel aux espaces fragmentés
"Quel effet cela fait-il d’être une chauve-souris ? (What is it like to be a bat?) est un article du philosophe Thomas Nagel écrit en octobre 1974 et paru pour la première fois dans la revue américaine The Philosophical Review (no 83, 4). Nagel y développe la thèse selon laquelle nous n'avons aucun moyen de savoir quelle expérience subjective du monde fait un animal au système sensoriel radicalement différent du nôtre, tel qu'une chauve-souris. Le seul moyen d'y accéder serait en effet d'être soi-même cet animal. Aussi les qualia échappent-ils à l'analyse, et l'investigation scientifique de la conscience semble, par là-même, impossible."
https://fr.wikipedia.org/wiki/Quel_effe ... souris_%3F
De l'Ambient Jazz comme on dit de nos jours, avant c'était du Jazz d'avant-garde, du Jazz planant aux ambiances posées ou je ne sais quoi encore
Finn Streuper est un compositeur néerlandais qui navigue entre le Jazz et la musique électronique. Les vignettes (18) de son premier album font autant appel au saxophone qu'à la library music. Basée sur l'essai du philosophe Thomas Nagel 'What Is It Like to Be a Bat" ; cette première oeuvre nous plonge dans un délicat monde sensoriel aux espaces fragmentés
"Quel effet cela fait-il d’être une chauve-souris ? (What is it like to be a bat?) est un article du philosophe Thomas Nagel écrit en octobre 1974 et paru pour la première fois dans la revue américaine The Philosophical Review (no 83, 4). Nagel y développe la thèse selon laquelle nous n'avons aucun moyen de savoir quelle expérience subjective du monde fait un animal au système sensoriel radicalement différent du nôtre, tel qu'une chauve-souris. Le seul moyen d'y accéder serait en effet d'être soi-même cet animal. Aussi les qualia échappent-ils à l'analyse, et l'investigation scientifique de la conscience semble, par là-même, impossible."
https://fr.wikipedia.org/wiki/Quel_effe ... souris_%3F
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Je vois que ça frémit par ici...
J'ai bien écouté ce qui a a été publié ces derniers temps, beaucoup de belle et bonne musique dans ce coin, merci à ceux qui sont venus.
Je vais essayer de participer à nouveau, peut-être avec moins d'assiduité...
Enfin pourquoi pas Pâques, plutôt que la Trinité?
Voici donc Rien:
Noël Akchoté – Rien – (2000)
Noël Akchoté toujours sur le label « Winter & Winter », mais avec un album plus ancien. Il est accompagné par Erik Minkkinen à l’ordi et aux bidouilles, ainsi que par Andrew Sharpley à l’échantillonneur et aux platines.
La guitare rencontre l’électro sur ce « rien » qui se dessine comme un voyage, si on en croit les notes de pochettes, qui précisent également « à la façon d’un road-movie autant que d’une bande-son ». Les intentions sont utilement précisées, car, parfois, la guitare s’estompe plus que nous l’aurions souhaité…
La règle qui s’applique aux trois est celle de l’improvisation électro acoustique, bien que chacun ait apporté ses munitions, certaines pièces sont improvisées collectivement, d’autres obéissent à quelques règles ou schémas proposés par l’un ou l’autre.
Peu de rythmes sont proposés sinon sous la forme répétitive d’échantillonnages, ou de « grrr » en provenance de la platine. On pourrait évoquer une musique de nuit, avec des machines dont le bruit de fonctionnement occuperait l’espace sonore, de façon prolongée, et tisserait une tapisserie qui pourvoirait à un habillage commun, sur lequel se posent des motifs plus courts, abstraits, peu évocateurs, anonymes, stigmates laissés par des machines non identifiées…
Les titres sont des verbes d’action qui évoquent un geste précis, « gifle », « pleure », « crache », « mords », « jette », « cesse », « coupe » … Ils restent pourtant une énigme pour moi, l’ambient qui prédomine ne laisse pas trop de place au geste et au mouvement.
Ainsi le travail sonore est ici, souvent, très mystérieux, voire peu audible, trop se passe dans le faible et le lointain, à vouloir être trop subtile on en devient invisible, d’où peut-être l’idée de ce « rien », de ce voyage de peu, qui se fait avec une gomme dans la main…
Ainsi « parle » se termine-t-il dans le silence, même si ce « rien » est tout de même un petit quelque chose… C’est que l’affaire n’est pas simple et s’étale sur une heure et sept minutes de peu, heureusement la dernière pièce, « pousse », où Noël prend la main, est fort jolie…
Noël Akchoté - Rien (2000).
Cesse
Hurle
Pousse
J'ai bien écouté ce qui a a été publié ces derniers temps, beaucoup de belle et bonne musique dans ce coin, merci à ceux qui sont venus.
Je vais essayer de participer à nouveau, peut-être avec moins d'assiduité...
Enfin pourquoi pas Pâques, plutôt que la Trinité?
Voici donc Rien:
Noël Akchoté – Rien – (2000)
Noël Akchoté toujours sur le label « Winter & Winter », mais avec un album plus ancien. Il est accompagné par Erik Minkkinen à l’ordi et aux bidouilles, ainsi que par Andrew Sharpley à l’échantillonneur et aux platines.
La guitare rencontre l’électro sur ce « rien » qui se dessine comme un voyage, si on en croit les notes de pochettes, qui précisent également « à la façon d’un road-movie autant que d’une bande-son ». Les intentions sont utilement précisées, car, parfois, la guitare s’estompe plus que nous l’aurions souhaité…
La règle qui s’applique aux trois est celle de l’improvisation électro acoustique, bien que chacun ait apporté ses munitions, certaines pièces sont improvisées collectivement, d’autres obéissent à quelques règles ou schémas proposés par l’un ou l’autre.
Peu de rythmes sont proposés sinon sous la forme répétitive d’échantillonnages, ou de « grrr » en provenance de la platine. On pourrait évoquer une musique de nuit, avec des machines dont le bruit de fonctionnement occuperait l’espace sonore, de façon prolongée, et tisserait une tapisserie qui pourvoirait à un habillage commun, sur lequel se posent des motifs plus courts, abstraits, peu évocateurs, anonymes, stigmates laissés par des machines non identifiées…
Les titres sont des verbes d’action qui évoquent un geste précis, « gifle », « pleure », « crache », « mords », « jette », « cesse », « coupe » … Ils restent pourtant une énigme pour moi, l’ambient qui prédomine ne laisse pas trop de place au geste et au mouvement.
Ainsi le travail sonore est ici, souvent, très mystérieux, voire peu audible, trop se passe dans le faible et le lointain, à vouloir être trop subtile on en devient invisible, d’où peut-être l’idée de ce « rien », de ce voyage de peu, qui se fait avec une gomme dans la main…
Ainsi « parle » se termine-t-il dans le silence, même si ce « rien » est tout de même un petit quelque chose… C’est que l’affaire n’est pas simple et s’étale sur une heure et sept minutes de peu, heureusement la dernière pièce, « pousse », où Noël prend la main, est fort jolie…
Noël Akchoté - Rien (2000).
Cesse
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- dark pink
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Re-bienvenue mec !
Ca nous manquait
Ca nous manquait
- Monsieur-Hulot
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
il revient le jour de Pâques ! Alléluia !

FILLES & MOTEURS, JOIES & DOULEURS.
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Yep, avec les œufs, les cloches ailées et le chocolat...

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Lee Konitz – The Quintessence (1947-1961)
Voici une compile créée autour du saxophoniste alto Lee Konitz et parue l’année dernière, me semble-t-il, chez « Frémeaux & Associés », mais il n’y a guère de traces de cet enregistrement dans ce bas monde, je l’ai attendu plus de six mois après sa commande…
Je raconte cette anecdote de mémoire, mais il faut savoir que Charlie Parker déclara un jour qu’il existait un saxophoniste alto qui ne jouait pas comme lui, alors que tous se précipitaient pour le suivre et l’imiter sur cette terre, c’est bien sûr Lee Konitz qu’il évoquait, c’est pourquoi il avait également grand plaisir à l’écouter, il lui avait alors prédit un grand avenir.
Lee est un irréductible, il avait lui aussi des modèles qu’il admirait, mais il n’aimait pas suivre les pas des autres et ne songeait qu’à être lui-même. Toute sa vie de musicien est restée une démarche personnelle, à l’ombre des modèles et des grands arbres, construisant petit à petit un chemin où nul autre n’avait posé le pied…
Alors, forcément, le temps écrase les personnalités et ne retient que les gros caractères, et ces enregistrements très anciens semblent être tous nés dans le même moule, indifférenciables et interchangeables. Oui, sans doute et probablement pour la plupart, mais celui qui se penche et cherche un peu, creuse et dresse l’oreille, distingue l’originalité d’alors, qui pointe encore…
Voici ce qu’il déclarait en cette période : « Dès que je m’entends jouer un segment mélodique que je connais déjà, je retire le saxophone de ma bouche. Le métier d’improviser implique que, dès la première note, rien ne soit inscrit sur l’ardoise. »
On comprend dès lors son attachement à un autre musicien exceptionnel, le grand Lennie Tristano qui lui aussi était du même bois. La pensée vous pousse tout naturellement à évoquer les modernes, eux aussi campés dans leurs certitudes, Derek Bailey, John Stevens, Evan Parker et tous les autres, y compris Trane qui ne savait qu’avancer…
L’attitude de Konitz en faisait un gars un peu à part, une sorte de « cérébral » un peu azimuthé qui suivait une drôle de route, mais il n’avançait pas seul et, au fil des années, rassembla de bons compagnons de route, ils étaient souvent blancs, mais il y avait également Miles, aussi…
Bien sûr, quand il jouait une pièce, le thème restait très identifiable, mais à l’heure du solo, il suivait cette route personnelle et inusitée, il allait vers d’autres voies et d’autres développements qui menaient vers l’inédit, le truc inouï qui étonne et surprend l’auditeur attentif, avide de sons et d’enchaînements nouveaux…
Art Pepper, Warne Marsh, Gerry Mulligan, Jimmy Giuffre furent autant de points de repère dans son évolution, on les entend tous sur cette formidable compile qui amasse les pépites de la période embrassée.
Un bel hommage que ces enregistrements amoureusement sélectionnés, en ayant une pensée pour celui qui nous quitta le quinze avril deux mille vingt, à New York, au Lenox Hill Hospital.
Yardbird Suite
These Foolish Things
Sound-Lee
Lover Man
Subconscious-Lee
Voici une compile créée autour du saxophoniste alto Lee Konitz et parue l’année dernière, me semble-t-il, chez « Frémeaux & Associés », mais il n’y a guère de traces de cet enregistrement dans ce bas monde, je l’ai attendu plus de six mois après sa commande…
Je raconte cette anecdote de mémoire, mais il faut savoir que Charlie Parker déclara un jour qu’il existait un saxophoniste alto qui ne jouait pas comme lui, alors que tous se précipitaient pour le suivre et l’imiter sur cette terre, c’est bien sûr Lee Konitz qu’il évoquait, c’est pourquoi il avait également grand plaisir à l’écouter, il lui avait alors prédit un grand avenir.
Lee est un irréductible, il avait lui aussi des modèles qu’il admirait, mais il n’aimait pas suivre les pas des autres et ne songeait qu’à être lui-même. Toute sa vie de musicien est restée une démarche personnelle, à l’ombre des modèles et des grands arbres, construisant petit à petit un chemin où nul autre n’avait posé le pied…
Alors, forcément, le temps écrase les personnalités et ne retient que les gros caractères, et ces enregistrements très anciens semblent être tous nés dans le même moule, indifférenciables et interchangeables. Oui, sans doute et probablement pour la plupart, mais celui qui se penche et cherche un peu, creuse et dresse l’oreille, distingue l’originalité d’alors, qui pointe encore…
Voici ce qu’il déclarait en cette période : « Dès que je m’entends jouer un segment mélodique que je connais déjà, je retire le saxophone de ma bouche. Le métier d’improviser implique que, dès la première note, rien ne soit inscrit sur l’ardoise. »
On comprend dès lors son attachement à un autre musicien exceptionnel, le grand Lennie Tristano qui lui aussi était du même bois. La pensée vous pousse tout naturellement à évoquer les modernes, eux aussi campés dans leurs certitudes, Derek Bailey, John Stevens, Evan Parker et tous les autres, y compris Trane qui ne savait qu’avancer…
L’attitude de Konitz en faisait un gars un peu à part, une sorte de « cérébral » un peu azimuthé qui suivait une drôle de route, mais il n’avançait pas seul et, au fil des années, rassembla de bons compagnons de route, ils étaient souvent blancs, mais il y avait également Miles, aussi…
Bien sûr, quand il jouait une pièce, le thème restait très identifiable, mais à l’heure du solo, il suivait cette route personnelle et inusitée, il allait vers d’autres voies et d’autres développements qui menaient vers l’inédit, le truc inouï qui étonne et surprend l’auditeur attentif, avide de sons et d’enchaînements nouveaux…
Art Pepper, Warne Marsh, Gerry Mulligan, Jimmy Giuffre furent autant de points de repère dans son évolution, on les entend tous sur cette formidable compile qui amasse les pépites de la période embrassée.
Un bel hommage que ces enregistrements amoureusement sélectionnés, en ayant une pensée pour celui qui nous quitta le quinze avril deux mille vingt, à New York, au Lenox Hill Hospital.
Yardbird Suite
These Foolish Things
Sound-Lee
Lover Man
Subconscious-Lee
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Courage Douglas, grâce à toi en très grande partie, cette section du fofo est une des plus vivantes, qualité des textes et aussi des choix sortant souvent des sentiers battus du genre.
Je reviens pour ma part sur cette balise du jazz le plus libre, Les Stances à Sophie, BO d'un film que je n'ai pas vu. Composée dans l'urgence, l'Art Ensemble of Chicago explose dans tous les sens et cette ouverture avec la grande Fontella Bass et son groove imparable est majestueuse.
Je reviens pour ma part sur cette balise du jazz le plus libre, Les Stances à Sophie, BO d'un film que je n'ai pas vu. Composée dans l'urgence, l'Art Ensemble of Chicago explose dans tous les sens et cette ouverture avec la grande Fontella Bass et son groove imparable est majestueuse.

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Bebeto a écrit : ↑lun. 6 avr. 2026 06:48Courage Douglas, grâce à toi en très grande partie, cette section du fofo est une des plus vivantes, qualité des textes et aussi des choix sortant souvent des sentiers battus du genre. :chapozzz
Et comment oui !, merci Bebeto de le signaler : le haut du panier Douglas
, niveau qualité des commentaires et posts.
Le Grand Bazar Vinylique : pleins de 45 tours EP & SP avec de vrais morceaux de vinyles dedans !
Citation : "Elle est pas électrique ta guitare... c'est une vieille, elle est encore à vapeur" Dupont et Pondu (1964)
C.V. (archives2) : ICI
Citation : "Elle est pas électrique ta guitare... c'est une vieille, elle est encore à vapeur" Dupont et Pondu (1964)
C.V. (archives2) : ICI
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Merci à tous les deux pour les encouragements et le petit rappel vers l'Art Ensemble et le "Theme de Yoyo" qui fait plaisir!

We will dance again...
Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle
Spontaneous Music Ensemble – Bare Essentials 1972-3 – (2007)
Cet album du « Spontaneous Music Ensemble » concerne le batteur John Stevens qui joue également du cornet, et Trevor Watts qui joue du saxophone soprano, les deux laissent à entendre leur voix de temps à autres.
Ces bandes proviennent des cassettes personnelles de Trevor Watts, elles ont été nettoyées, scrutées et expurgées, pour ne conserver que le meilleur, soit un total d’environ cent cinquante minutes réparties sur deux cds. Elles comblent une sorte de « vide » concernant ces années-là pour ce qui est de la discographie du merveilleux Spontaneous Music Ensemble.
Vu l’importance phénoménale de cette formation pour ce qui est de la vitalité du free jazz en Europe occidentale, on ne peut que se réjouir de ces parutions inédites, de la part de ces étonnants musiciens de l’école anglaise. D’autant que ces conversations à deux sont passionnantes et d’une très grande richesse.
Le premier album contient seulement quatre pièces, le bref « In The Midlands » de soixante-treize et trois pièces longues de dix-sept, vingt et trente-deux minutes, captées en soixante-douze.
Très souvent lorsqu’une opportunité d’enregistrement se présentait John Stevens se remuait et convoquait une formation plus importante pour l’occasion. Pour cette fois, l’enregistrement sur cassette était quasi d’ordre privé, et rien ne justifiait un branle-bas de combat, c’est donc la musique telle qu’elle se jouait dans le quotidien qui est enregistrée.
Et quel bonheur ! Cet exercice quasi conversationnel est extrêmement plaisant et propice à de belles diatribes. On pourrait parler de minimalisme en un certain sens, ils ne sont que deux, mais quelle richesse timbrale, quels échanges fournis et passionnés.
On connaît dans cette école anglaise l’habitude de l’écoute mutuelle, la nécessaire adaptation à l’autre, ce verbiage fleuri et incessant, fait de pauses et de relances continuelles, cette capacité à évoluer vers le neuf, le nouveau, la création nécessaire et continue…
Le travail était improvisé en totalité, mais curieusement préparé lors de répétitions en privé, où là se décidait la trame, la convention autour de la puissance partagée pour ce qui est du volume sonore, l’organisationnel pour ne pas dépasser l’utile au-delà de ce qu’il convenait…
Le plus souvent la partie concert se jouait au « Little Theatre Club » de Londres, c’est là que Trevor enregistrait ses bandes. C’est là qu’en fait se joue la véritable musique du « Spontaneous » telle qu’elle mûrissait. La pièce « Three Extracts » voit John Stevens jouer du cornet, et nous assistons à un duo de souffleurs en conversation continue, chacun marchant un poil sur l’autre, Watts plus bavard et Stevens vif et bref, c’est assez cocasse…
La pièce la plus longue, « For Phil » a été enregistrée le jour de la mort du batteur Phil Seaman, ce dernier a eu une très grosse influence sur John Stevens et on sent la peine et le chagrin qui habitent les duettistes, tant Stevens discret et lointain, que Watts dont l’instrument pleure, crie, geint et pépie. Toute l’émotion qui habite la pièce transpire tout du long, ces moments où la douleur s’exprime dans l’intime sont parmi les plus émouvants…
Le second album se découvre principalement avec les sept versions différentes de la pièce « Open Flower » qui, après un départ identique, bifurque de sept façons différentes, avec des inflexions qui amènent à des chemins très dissemblables. Les impros qui sont le sel de ces évolutions débouchent chacune dans une direction nouvelle, souvent surprenante et inattendue.
Un grand album de pure musique improvisée et d’authentique free jazz.
Un extrait minuscule:
https://www.soundohm.com/product/bare-e ... -1972-3-2c
Cet album du « Spontaneous Music Ensemble » concerne le batteur John Stevens qui joue également du cornet, et Trevor Watts qui joue du saxophone soprano, les deux laissent à entendre leur voix de temps à autres.
Ces bandes proviennent des cassettes personnelles de Trevor Watts, elles ont été nettoyées, scrutées et expurgées, pour ne conserver que le meilleur, soit un total d’environ cent cinquante minutes réparties sur deux cds. Elles comblent une sorte de « vide » concernant ces années-là pour ce qui est de la discographie du merveilleux Spontaneous Music Ensemble.
Vu l’importance phénoménale de cette formation pour ce qui est de la vitalité du free jazz en Europe occidentale, on ne peut que se réjouir de ces parutions inédites, de la part de ces étonnants musiciens de l’école anglaise. D’autant que ces conversations à deux sont passionnantes et d’une très grande richesse.
Le premier album contient seulement quatre pièces, le bref « In The Midlands » de soixante-treize et trois pièces longues de dix-sept, vingt et trente-deux minutes, captées en soixante-douze.
Très souvent lorsqu’une opportunité d’enregistrement se présentait John Stevens se remuait et convoquait une formation plus importante pour l’occasion. Pour cette fois, l’enregistrement sur cassette était quasi d’ordre privé, et rien ne justifiait un branle-bas de combat, c’est donc la musique telle qu’elle se jouait dans le quotidien qui est enregistrée.
Et quel bonheur ! Cet exercice quasi conversationnel est extrêmement plaisant et propice à de belles diatribes. On pourrait parler de minimalisme en un certain sens, ils ne sont que deux, mais quelle richesse timbrale, quels échanges fournis et passionnés.
On connaît dans cette école anglaise l’habitude de l’écoute mutuelle, la nécessaire adaptation à l’autre, ce verbiage fleuri et incessant, fait de pauses et de relances continuelles, cette capacité à évoluer vers le neuf, le nouveau, la création nécessaire et continue…
Le travail était improvisé en totalité, mais curieusement préparé lors de répétitions en privé, où là se décidait la trame, la convention autour de la puissance partagée pour ce qui est du volume sonore, l’organisationnel pour ne pas dépasser l’utile au-delà de ce qu’il convenait…
Le plus souvent la partie concert se jouait au « Little Theatre Club » de Londres, c’est là que Trevor enregistrait ses bandes. C’est là qu’en fait se joue la véritable musique du « Spontaneous » telle qu’elle mûrissait. La pièce « Three Extracts » voit John Stevens jouer du cornet, et nous assistons à un duo de souffleurs en conversation continue, chacun marchant un poil sur l’autre, Watts plus bavard et Stevens vif et bref, c’est assez cocasse…
La pièce la plus longue, « For Phil » a été enregistrée le jour de la mort du batteur Phil Seaman, ce dernier a eu une très grosse influence sur John Stevens et on sent la peine et le chagrin qui habitent les duettistes, tant Stevens discret et lointain, que Watts dont l’instrument pleure, crie, geint et pépie. Toute l’émotion qui habite la pièce transpire tout du long, ces moments où la douleur s’exprime dans l’intime sont parmi les plus émouvants…
Le second album se découvre principalement avec les sept versions différentes de la pièce « Open Flower » qui, après un départ identique, bifurque de sept façons différentes, avec des inflexions qui amènent à des chemins très dissemblables. Les impros qui sont le sel de ces évolutions débouchent chacune dans une direction nouvelle, souvent surprenante et inattendue.
Un grand album de pure musique improvisée et d’authentique free jazz.
Un extrait minuscule:
https://www.soundohm.com/product/bare-e ... -1972-3-2c
We will dance again...