
Steve Swell's Kende Dreams – Hommage À Bartók – (2015)
Un album en provenance du label « Silkheart », gage de qualité et d’un remplissage maximum, pas loin des soixante-dix minutes. Du côté des musiciens c’est également au « top », Steve Swell, leader et tromboniste, qui jouit d’une grande réputation, ici à la tête d’un quintet de haut vol.
Le saxophoniste alto Rob Brown, qui me rappelle un peu Jimmy Lyons qui jouait aux côtés de Cecil Taylor, entre tradition et audaces nouvelles, capable de franchir les limites mais sans systématisme. Caractère qui pourrait également qualifier Steve Swell lui-même, qui aime également nager dans ces eaux-là, entre risque et sagesse.
Connie Crothers est la pianiste, le grand William Parker, souvent dans les bons coups, est à la contrebasse et Chad Taylor, autre pointure remarquable, s’assoit derrière les fûts et les cymbales. Une rythmique extrêmement solide qui a de quoi faire rêver n’importe quel leader.
Un « Hommage À Bartók » nous promet le titre, il n’y a aucune raison d’en douter. J’ai, pour ma part, passé autrefois de longues heures à l’écoute des six quatuors à cordes, que je trouvais, et trouve encore, bien trippant. Toutes les compos sont cependant signées par Steve Swell, et l’hommage est davantage formel que de réinterprétations, ainsi, le hongrois exerce-t-il essentiellement une influence d’ordre spirituel ou compositionnel.
Aussi le jazz est bien là, avec Rob Brown et Steve Swell qui se lâchent tout du long, en solos de très haut niveau, le cuivré et le boisé font la paire et nous enivrent, soutenus par cette rythmique de haut vol. On goûte également aux éclats lumineux du piano éblouissant joué par Connie Crothers, élève de Lennie Tristano, « elle a mis le Bartók dans la séance », confie Steve Swell, dans le livret intérieur. On l’admirera entre autres sur la pièce « Bartók Screams ».
Difficile de mettre en avant des compos particulières, car tout est bon du début à la fin, « Roswellian Folk Song », « Attack of the Mikrokosmos » ou « After SQ4 » pourraient cependant être honorées, pour leur accessibilité.
Bartók Screams






