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par vox populi » mer. 6 août 2025 06:09
Pour moi, c'est la partie la plus excitante de l'IA : quand elle s'insère dans l'art. Pas comme une imitation, comme c'est le cas dans l'extrait proposé (impressionnant techniquement mais assez vain artistiquement), mais lorsqu'elle accompagne l'artiste pour lui permettre de se dépasser, lorsqu'elle lui ouvre des portes.
Par exemple, Goldman a dit un jour qu'à partir de 40 ans, il avait de plus en plus d’idées de textes, mais plus vraiment de nouvelles mélodies. Il avait l'impression d’avoir fait le tour, et que tout ce qu’il composait ressemblait plus ou moins à ce qu’il avait composé auparavant. On pourrait lui suggérer aujourd’hui de prendre son texte, de le soumettre à une IA qui lui proposerait des mélodies. Le but n’est pas de reprendre la mélodie de l’IA (bien sûr), mais que cela ouvre des portes à sa créativité, qu’il puisse se dire : "Tiens, ce bout de mélodie est intéressant, ça me donne une autre idée", etc.
Voilà, par exemple, une utilisation que je trouve créative de l’IA : elle ne fait pas à votre place, mais elle ouvre des portes à votre esprit, comme l’ont fait avant des instruments nouveaux ou des samples, qui sont aujourd’hui utilisés partout (et pourtant, personne ne pense encore que le sample tue la créativité).
Quant à l’avenir de certains métiers "artistiques" : oui ca sera une révolution, pour les scénaristes, les écrivains, les musiciens .. Vont-ils disparaître pour autant ? La photo n'a pas tué la peinture, au contraire même. Elle a permis le développement d'une autre forme de peinture, plus abstraite.
Les conséquences pourraient donc être aussi très positives, à voir…
Quoi qu’il en soit, l’IA ne changera pas seulement les métiers de l’art. Elle touchera aussi les comptables, les avocats, les secrétaires, etc.
À titre personnel, j’ai toujours été contre l’exception culturelle, car pour moi, tout est culture (les paysages, les mots, les régimes politiques…) car tout est créé par l’homme. Donc, pour moi, il doit y avoir les mêmes règles pour tout le monde. Soit on laisse libre cours à l’IA, soit on réglemente pour l’ensemble des professions. C’est une question de justice sociale, de mon point de vue.
En ce qui me concerne, je suis très heureux d’être vivant au début de ce nouveau monde, et de pouvoir m’amuser avec. Je n’ignore absolument rien de ses dangers (bien au contraire). Je les ignore tellement peu que je pense qu’il serait plus raisonnable de mettre fin à cette expérience le plus vite possible… mais je sais que ça n’arrivera pas.
Comme disait le grand-père de mon ex-compagne :
« Tout ce que l’homme imagine, il finira par le faire. Et aucune loi, aucune conséquence ne l’en empêchera. »
C’est ce qui fait de l’homme un animal : il ne respecte aucune limite, et va jusqu’au bout du pouvoir qu’il peut tirer d’une situation et de son imagination.
« La vraie humanité serait de s’empêcher », disait-il.
C’est l’objectif le plus ambitieux auquel un être humain puisse parvenir. Lorsqu’il s’empêche, il devient réellement "humain", et non plus "animal".
C’est un objectif atteignable pour un individu (dans certaines limites), ajoutait-il, mais pas pour un groupe. Le groupe est "sans limite".
L'IA va changer le monde pour la simple et bonne raison que l'IA peut changer le monde.
Au niveau philosophique il reste le choix de participer ou non à cette révolution.
Aujourd'hui vous avez encore le choix, mais dans quelques années ca ne sera même plus discutable. Si vous voulez vivre en société il faudra savoir se servir d'une IA comme aujourd'hui on doit se servir d'un ordinateur ou d'un portable.
C'est bien sûr juste une opinion, je peux me tromper, mais c'est ainsi que je vois les choses